Vigilance, le sida sévit encore !

Les nouvelles ne sont pas bonnes du tout sur le front de la lutte contre le Sida au Cameroun. Le rapport de la situation épidémiologique publié en avril dernier par le Comité national spécialisé fait état de plus de 35 000 nouvelles infections au VIH en 2025. Et les femmes en paient le plus lourd tribut : 67,7% de ces nouveaux cas les concernent directement. Particulièrement, celles âgées de 15 à 49 ans sont les plus touchées. Ces données statistiques sont préoccupantes, car elles n’indiquent ni un léger mieux, ni une véritable stabilisation de l’épidémie au regard de l’année précédente. En effet, les chiffres de 2024 rendus disponibles par le Comité national de lutte contre le Sida (Cnls) indiquaient déjà 36 171 personnes nouvellement infectées. Dont une forte population de femmes et de jeunes. S’en était suivie une vaste campagne de riposte pour ramener les indicateurs au vert. Avec en bonne place des opérations de communication visant à favoriser un changement social et comportemental positif. Dans cette veine, des affiches de sensibilisation ont été déployées dans plusieurs régions dont un grand nombre dans le Centre et le Littoral. Par le biais de Meta, de X, TikTok et par Sms, le Cnls a diffusé régulièrement des informations sur la prévention du VIH/Sida auprès des internautes pour les sensibiliser davantage. Ces sensibilisations se sont également faites en présentiel durant la Onzaine de la jeunesse auprès des jeunes scolarisés et non scolarisés, au travers des causeries éducatives et de la distribution de matériel approprié. Des campagnes de distribution de préservatifs ont été organisées lors d'événements spéciaux tels que « Vacances sans Sida » et le « Mois Camerounais de lutte contre le Sida ». Ces initiatives ont permis de sensibiliser la population et de faciliter l'accès aux préservatifs, contribuant ainsi à réduire les comportements à risque. Le dépistage et la connaissance du statut vis-à-vis du VIH demeurant la pierre angulaire de toute politique de prévention contre cette pandémie, près de deux millions de tests de dépistages ont été réalisés dans l’ensemble des formations hospitalières du pays enregistrées dans le système d’information sanitaire. Les nouveaux cas positifs ont été systématiquement mis sous antirétroviraux (Arv). Des mécanismes de sécurisation de la transfusion sanguine ont été aussi activés. C’est clair : le Cnls et ses différents partenaires ratissent large pour barrer efficacement la route au VIH/ Sida. Pourquoi des curiosités comme l’augmentation des nouvelles infections ou la fragilité des progrès apparaissent- elles donc ? Qu’est-ce-qui ne marche pas ? Les défis sont nombreux, qui ralentissent les efforts et sacrifices consentis par les pouvoirs publics pour faire reculer la maladie. Le plus gros d’entre eux concerne les mentalités au sein d’une population essentiellement jeune. Une génération qui n'a pas connu les années Sida, avec leurs cohortes de morts et d’orphelins. Ainsi que la vision chaotique des corps squelettiques de malades présentés au quotidien dans les tranches d’information télévisées. Leur ignorance du danger et les négligences que celle-ci entraîne mettent à mal les acquis tangibles de la prévention. Si l’on y ajoute, les excellents résultats qu’offrent les récentes thérapies permettant aux porteurs du VIH de mener une vie quasi normale, l’illusion d’un danger lointain est parfaite. Conséquence, les comportements à risque qui alimentent la pandémie sont en nette recrudescence au sein de notre société : le sexe n’importe comment, n’importe où et avec n’importe qui, sans mesures de protection. Dans ce relâchement presque généralisé des comportements, la situation des 15 – 25 ans constitue une préoccupation majeure pour les acteurs de la lutte contre le Sida. Chez cette tranche de la population, il est effectivement constaté de nombreuses dérives : pratique du multi-partenariat sexuel, mono-partenariat avec un partenaire qui lui a de son côté plusieurs « relations », moindre utilisation des préservatifs, ignorance de son statut sérologique et de celui du ou des partenaires. Selon des experts, la pratique de l’abstinence, la fidélité à un seul partenaire, l’utilisation systématique du préservatif en cas de doute, de même que le dépistage régulier constituen...

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