Socadel : pas d’état de grâce

Les changements intervenus ces derniers jours au sein de la Société nationale d’Electricité sont suivis avec intérêt par les Camerounais. On ne fera pas le procès de Eneo ici, mais chacun peut donner son avis sur la qualité du service public de l’électricité ces dernières années. Le gouvernement n’est donc pas resté insensible à ces fluctuations qui n’épargnent ni les entreprises, les ménages. Comme il est de tradition, la nomination suivie de l’installation et enfin de la prise de service du top mangement de la Société camerounaise d’Electricité (Socadel) est diversement accueillie. Entre les sceptiques et les soutiens, chacun y va de son expertise. Une chose reste cependant claire, le staff dirigeant qui s’installe dès ce lundi à Douala n’hérite pas d’un lit douillet, embaumé par un doux parfum de roses. Il est aussi évident que les concernés, n’auront pas beaucoup de peine, à détecter les zones d’ombre, à prendre l’ampleur de la situation. Le Directeur général et le Directeur général adjoint sont de la maison. Le président du conseil d’administration est un habitué des fluctuations financières. Le président de la République a donc su doser les expertises pour sortir le Cameroun du trou noir. Oui, le service public de l’électricité ne va pas bien. Tous les intervenants le reconnaissent. Il y a des choses à revoir pour éviter le survoltage entre la Socadel et ses clients. Il faudrait donc s’habituer à ce que tout le monde soit traité par cette entreprise comme client. Le gouvernement ne mâche pas ses mots. Tout le monde doit désormais payer ce qu’il consomme. Le ministre de l’Energie et de l’Eau est formel sur ce point. 100 jours pour que les lignes bougent. 100 jours pour que les Camerounais retrouvent leur souveraineté dans le sous-secteur de l’électricité. Le nouveau top management n’a donc pas d’excuses, il n’y aura pas d’état de grâce. Le gouvernement est dans un processus de transformation profonde. Et jusqu’ici, il fait sa part. Rachat des parts d’Eneo, désignation d’un nouveau staff dirigeant... Il est de notoriété publique que le secteur de l’électricité fait face à un déséquilibre financier structurel, à des tensions de trésorerie persistantes, à une dégradation de la qualité de service. Autant de raisons qui alimentent la perte de confiance progressive des usagers. Dans un tel contexte, il faut le dire, sans ambages, l’accumulation des arriérés fragilise la chaine des valeurs en même temps qu’elle réduit la capacité d’investissement. Comme on a pu s’en rendre compte une telle situation met à mal la maintenance des infrastructures. Le service public dans ce contexte de crise est donc voué à une mort lente mais certaine si rien n’est fait. Comment la nouvelle Société nationale d’Electricité fera-t-elle pour reconquérir la confiance des investisseurs ? Quelle alchimie utilisera-t-elle pour ramener la joie dans les ménages régulièrement plongés dans le noir ? Des solutions existent. En attendant les prochains jours, on peut d’ores et déjà se féliciter du retour de l’Etat dans ce secteur stratégique. Le Top management ne sera donc pas seul dans sa volonté d’impulser les changements attendus. Si tout le monde est conscient qu’il faut améliorer durablement la qualité du service public, ceci devrait passer par une restructuration afin d’établir l’équilibre financier. Le gouvernement attend de la la Socadel la mise en oeuvre du plan de restructuration. Il est donc question d’engager, dès à présent, des actions fortes pour augmenter les revenus de l’entreprise. Le nouveau top management doit aussi réduire les charges de la Socadel. Il faut donc un saut qualitatif en matière de recouvrement des recettes. L’...

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie