Bassek ba Kobhio: Le clap de fin
- Par Yannick ZANGA
- 13 May 2026 08:18
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L’auteur, réalisateur et producteur camerounais de cinéma s’est éteint hier à Yaoundé des suites de maladie à l’âge de 69 ans.
Réveil difficile hier matin pour les cinéphiles et les professionnels du cinéma camerounais et africain. A quelques heures de l’ouverture de la 79e édition du prestigieux Festival de Cannes en France, il y a cette impression de film triste tel que chanté par Sylvie Vartan ou encore Franco accompagné de son TP Ok Jazz. A Yaoundé, il y a eu cette ondée matinale et cette triste nouvelle: Bassek Ba Kobhio est mort ! Le cinéaste camerounais s’est éteint dans la nuit de lundi à mardi dernier des suites de maladie au Centre hospitalier de la Caisse nationale de prévoyance sociale de Yaoundé. Une formation hospitalière qu’il a intégrée en fin de semaine dernière. Attendu cette fin de mois au Festival international du cinéma africain de Khouribga au Maroc, Bassek ba Kobhio (BBK) ne sera plus de la partie. Il en sera de même de son « bébé », le festival Ecrans noirs qui atteindra sa 30e édition. A l’école du maître Sembène Ousmane Qui était Bassek ba Kobhio ? Une référence de l’industrie africaine du cinéma, né de parents instituteurs à Nindjé dans l’arrondissement de Ndom, région du Littoral. Des géniteurs qui l’ont très vite familiarisé au livre et à l’écriture. D’ailleurs, « BBK » rêvait d’être écrivain jusqu’au jour où il tombe sur le livre « Sembène Ousmane, cinéaste », écrit en 1972 par Paulin Soumanou Vieyra. Comme Sembene Ousmane, dans un contexte marqué par le fort taux d’analphabétisme dans la partie septentrionale du Cameroun, il rêve de faire du cinéma une école du soir dans les villages. Associer à la littérature du cinéma. Une forme d’expression artistique qui devra lui permettre d’influencer la société. Pour BBK, l’artiste est investi d’une mission. Tout artiste a son mot à dire sur l’actualité et le devenir politique de son pays. En tant qu’écrivain, le délégué général du festival Ecrans noirs est, entre autres, l’auteur du roman « Sango Malo, le maître du canton » en 1991, du recueil de nouvelles « Les eaux qui débordent » en 1984, ou encore l’essai « Cameroun, la fin du maquis?», deux ans plus tard. Un cinéaste reconnu pour son esthétique Globetrotter, cet ancien leader estudiantin à l’Université de Yaoundé (sociologie et philosophie) et international junior de football a toujours clamé sa fierté d’être un pur produit de la formation camerounaise. Ancien personnel du ministère de l’Information et de la Culture, Bassek ba Kobhio se fait remarquer en 1988 comme premier assistant réalisateur de la réalisatrice française Claire Denis sur le long métrage de fiction « Le chocolat». L’année d’après, il réalise son premier court métrage documentaire intitulé « Festac ». En 1991, il adapte au cinéma son roman « Sango Malo ». Un film présenté la même année à Cannes dans la rubrique « Un certain regard » et qui obtiendra le prix du public au deuxième festival africain de Milan. A l’écriture comme à la réalisation, il sera également à la manoeuvre de « Le grand blanc de Lambaréné » en 1995 et de « Le silence de la forêt » en 2003 (coréalisé avec Didier Ouenangare), diffusé au festival de Cannes en 2003 dans la Quinzaine des réalisateurs. En tant que producteur, il va financer les projets « Le grand blanc de Lambaréné » et « Lifepoint » en 2017. Sa dernière réalisation cinématographique est « Gouverneurs de la rosée » en 2018, une adaptation du roman éponyme de l’écrivain haïtien Jacques Roumain. Encensées par la critique, ses oeuvres reflètent la personnalité d’un électron libr...
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