Lutte contre les feminicides et les abus sur les enfants: Une responsabilité commune
L’intégralité du propos liminaire du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement.
« Madame la Ministre de la Promotion de la femme et de la Famille ; Madame la Ministre des Affaires sociales ; Monsieur le Ministre de la Santé publique ; Mesdames et Messieurs les représentants des administrations invitées ; Mesdames et Messieurs les professionnels des médias ; Distingués invités ; Mesdames, Messieurs ; Je vous remercie d’être venus nombreux à cette conférence de presse conjointe, qui porte sur la recrudescence des cas de féminicides, d’actes de violence et surtout des viols sur les enfants dans notre pays. Je salue la présence à mes côtés, de plusieurs chefs de départements ministériels et d’autres institutions, qui prendront tour à tour la parole à ma suite, pour s’exprimer sur ce sujet devenu plus préoccupant que jamais. Je vous souhaite également à toutes et à tous, une cordiale bienvenue dans cette salle auditorium du ministère de la Communication, de plus en plus familière à la plupart d’entre vous. Mesdames, Messieurs, Depuis quelque temps en effet, notre pays connait une montée vertigineuse des féminicides, des viols, des infanticides et autres abus de toute nature, commis à l’encontre d’enfants généralement en bas âge, dans diverses localités du Cameroun. Ces phénomènes profondément regrettables, et c’est le moins qu’on puisse en dire, choquent autant par les c i rconstances dans lesquels ils interviennent, que par leur violence et leur cruauté, de même que par les conséquences qu’ils entraînent sur l’équilibre du corps social tout entier. Ces situations méritent qu’on s’y attarde avec insistance, non seulement pour s’en indigner, les dénoncer et les condamner avec la dernière énergie, mais aussi pour en appeler à des actions fortes afin de punir leurs auteurs lorsque les responsabilités de ceux-ci sont clairement établies, avec l’espoir, voire la ferme détermination d’y mettre fin. S’agissant en premier des cas de féminicides, quelques statistiques permettent de prendre toute la mesure de la gravité de la situation vécue ces dernières années. En 2023, 50 femmes ont été assassinées, et ce chiffre n’a cessé de croître, pour atteindre 67 cas en 2024 et 77 en 2025. Les chiffres enregistrés depuis le début de l’année 2026, confirment cette funeste tendance haussière. A cela, il faut relever que ces féminicides sont majoritairement commis par les personnes proches des victimes, et spécifiquement les conjoints, les parents et autres membres d’une même famille, les voisins, ou encore des amis et connaissances. Pour ce qui est des violences commises à l’encontre des enfants, et qui se traduisent essentiellement par des viols, des meurtres et divers traumatismes, je mentionnerai sans être exhaustif : •le cas le plus récent qui concerne la petite Bissong Omgba Pauline Joyce, âgée de trois ans, inscrite en prématernelle dans un établissement scolaire situé au quartier Odza à Yaoundé, qui a subi des sévices sexuels, et pour lequel les enquêtes sont actuellement en cours ; •celui de la jeune Divine Mbarga, âgée de 11 ans, qui a été victime de viol et de meurtre au quartier Nkoabang à Yaoundé ; •le meurtre de trois enfants par leur mère qui s’est ensuite donnée la mort le 16 février 2026 au quartier Nkolbisson à Yaoundé ; •la mise à mort d’un nourrisson de 11 mois au quartier Ndogpassi à Douala, le 24 mars 2026 par un membre de sa famille ; •l’assassinat de deux lycéennes au mois de mars 2026 à Kribi ; •l’assassinat d’un enfant de 11 ans, Karl Ethan en novembre 2025 dans le domicile familial à Minkan à Yaoundé ; •le viol suivi de l’assassinat d’une fillette de 03 ans à Manjo, dans la région du Littoral en novembre 2025 ; •la maltraitance aggravée d’une fillette de 07 ans par sa soeur consanguine, ligotée avec des chaines en septembre 2025 à Douala ; •le meurtre du petit Mathis au quartier Ngoa Ekélé à Yaoundé par le voisin de son père en mai 2025 ; •le meurtre d’un adolescent du nom de Franky Solba, âgé de 08 ans, et qui s’est déroulé dans la ville de Bertoua. Premier constat au vu de ce bref rappel : la plupart des cas de violences que je viens d’énumérer, ont eu lieu tantôt en milieu familial par des personnes proches des victimes, tantôt au sein des institutions sociales ayant vocation à encadrer ou à protéger la petite enfance. Mesdames, Messieurs, Vous convenez avec moi qu’autant la nature des actes perpétrés, que les circonstances de leur survenance, revêtent un réel caractère de gravité et appellent par conséquent une action collective, urgente et forte. A cet égard, le gouvernement, en ce qui le concerne, assure à travers le ministère de la Promotion de la femme et de la Famille et celui des Affaires sociales, la prise en charge des violences basées sur le genre, qui s’inscrit dans un processus visant à protéger et à apporter un accompagnement spécifique aux victimes, et le cas échéant, à leurs ayantsdroits, tout en mettant en mouvement les mécanismes de prévention et de sanction des auteurs desdites violences. Cette prise en charge obéit à un système de référencement mis en place dans les plateformes régionales de lutte contre les violences basées sur le genre, impliquant tous les acteurs gouvernementaux intervenant en matière sociale, sanitaire, judiciaire et sécuritaire, ainsi que les collectivités territoriales décentralisées, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile et les communautés. Cette approche de soutien aux victimes comporte une dimension psychologique et sociale, à travers une écoute active, un accompagnement psychosocial, un suivi approprié et leur placement dans des espaces dédiés encore appelés « espaces sûrs », qui offrent un abri temporaire aux victimes. A ce jour, il existe environ une centaine d’abris temporaires de ce genre, à travers l’ensemble du territoire national. A cela, il faut ajouter les mesures de suivi médical, qui consistent à prodiguer des soins d’urgence aux victimes survivantes. Par ailleurs, les victimes ou leurs ayantsdroits bénéficient d’une assistance judiciaire et sécuritaire, soit pour le dépôt des plaintes, ou pour le suivi des procédures y afférentes. Au plan économique, l’Etat intervient également pour assurer la réinsertion socio-économique des personnes survivantes, à travers l’octroi de formations adaptées, ayant pour but la création d’activités génératrices de revenus. A côté de ces dispositifs d’intervention, des actions spécifiques sont également menées, à l’instar : -de la mise en service progressive des « Gender Desks » dans les commissariats de police et les brigades de gendarmerie, ainsi que l’institution de centres d’accueil des femmes en détresse ; -du renforcement des capacités des acteurs de la chaine de lutte contre les violences basées sur le genre, notamment les magistrats, les avocats, les Officiers de police judiciaire, les forces du maintien de l’ordre, les personnels de santé, les travailleurs sociaux et j’en passe. Les mesures de prévention des violences basées sur le genre doivent cependant être renforcées en mettant l’accent sur l’éducation et la sensibilisation à la non-violence, sur la tolérance et le vivre ensemble, au moyen spécifiquement des langues locales et à travers les médias conventionnels et les plateformes numériques. Il est essentiel que les femmes et les hommes à tous les niveaux, comprennent bien les enjeux de ces questions qui touchent à la prévention de la violence, en particulier celles dirigées contre les femmes et les jeunes filles. En ce qui concerne les abus à l’encontre des enfants, le gouvernement, en partenariat avec d’autres acteurs institutionnels et sociaux, agit davantage sur levier de la prévention. A cet égard, on peut relever les mesures ciaprès : •l’élaboration et la diffusion du Programme de parentalité positive ; •la mise en place des « Child Desks » dans certaines unités de police et de gendarmerie ; •la lutte contre les abus sexuels à l’égard des enfants ; •la mise en place d’une ligne téléphonique d’assistance aux enfants en situation de détresse, qui constitue un mécanisme de signalement et de réf&eacut...
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