Ne sacrifions pas Einstein !

Faire des enfants est une aventure mystérieuse. Et quand l’enfant naît handicapé ou le devient chemin faisant, à la suite d’une maladie ou d’un accident, l’aventure devient extrême. Cet extrême provoque aisément le périlleux et de nombreux défis, tant pour l’enfant lui-même que sa famille, dans une société où le regard sur le handicap est biaisé. Aucun parent ne s’y attend et ne s’y prépare donc pas. Oui chez nous, malgré le temps qui passe, avoir un handicap, c’est un peu comme une malédiction. Les mauvaises langues s’en donnent à coeur joie. L’enfant est parfois rejeté, considéré comme un démon. Et il arrive même que sa génitrice ou sa famille entière soit marginalisée par la communauté. Souvent, on apprend à l’enfant handicapé qu’il ne pourra rien faire et est donc inutile. Dans certaines demeures, on les cache. Une grave erreur, quand on sait que bien entretenu, scolarisé et encadré, un enfant handicapé est une richesse. Demandez donc à Albert Einstein, largement reconnu comme un symbole de réussite malgré des troubles « DYS » (troubles neurodéveloppementaux qui impactent les fonctions cognitives : langage, motricité, attention). Einstein a principalement souffert de dyslexie et d’un retard de langage dans l’enfance. Son parcours illustre comment des profils atypiques peuvent transformer des défis d'apprentissage en forces créatives. Il a rencontré des obstacles dans le système scolaire traditionnel de l'époque, qui valorisait l'apprentissage par coeur plutôt que la pensée créative. L'expression « Syndrome d'Einstein » a même été inventée pour désigner ces personnes extrêmement brillantes qui ont connu un retard dans l'acquisition de la parole pendant leur petite enfance. Beaucoup d'enfants présentant ce profil se distinguent par une pensée visuelle et analytique très développée. Grâce à des stratégies pédagogiques adaptées, la dyslexie a pu être un moteur de créativité et de génie chez de célèbres personnalités. La star planétaire Johnny Hallyday, le cinéaste de renom Steven Spielberg notamment. Et que dire de Stephen Hawking ? Célèbre physicien théoricien et cosmologiste britannique, il est l'un des scientifiques les plus mondialement reconnus. Atteint de la maladie de Charcot (sclérose latérale amyotrophique) diagnostiquée alors qu'il avait 21 ans, il a passé la majeure partie de sa vie dans un fauteuil roulant et devait communiquer via un ordinateur et un synthétiseur vocal. Malgré ce lourd handicap, son esprit brillant lui a permis de révolutionner notre compréhension des trous noirs et de l'univers. On parle abondamment de ces cas connus à l’international. Mais dans nos murs des génies issus du handicap ne manquent pas. Daniel Kevin Ngnasoke, 24 ans aujourd’hui, fait partie des premières personnes vivant avec un handicap à rentrer à l’Institut national de la Jeunesse et des Sports. Uriel Richard Tsobgny Metangmo, 13 ans, autiste, compte parmi les jeunes écrivains prometteurs dans le pays. Passionné de natation et d’arts plastiques, il rêve d’une carrière multiforme : artiste, vétérinaire et gardien de zoo. C’est donc clair qu’un enfant, quelle que soit la nature de son handicap, cache des talents et peut faire beaucoup de choses. Raison pour laquelle le ministère des Affaires sociales est vent debout avec la campagne « We ring the bell », dont la 5e édition a été lancée le 1er juin dernier. Cette campagne qui, s’apparente à un plaidoyer pour la scolarisation ...

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