Don de sang: Comment convaincre

Malgré les campagnes de sensibilisation, ce n’est pas la grande affluence dans les banques de sang. Une situation qui affecte la qualité des soins aux malades nécessiteux.

«Besoin urgent d’un don de sang du groupe sanguin O+. Toute âme de bonne volonté est invitée à nous contacter au numéro ci-après… ». De telles alertes sont diffusées en permanence sur les réseaux sociaux WhatsApp et Facebook. Dans les couloirs des hôpitaux, des familles désemparées parcourent des kilomètres à la recherche d’un donneur de sang compatible pour une intervention d’urgence. Les images dévoilant des refrigérateurs vides de poches de sang de la banque de sang de l'Hôpital central de Yaoundé ont récemment suscité une onde de choc au sein de l’opinion publique. La disponibilité du sang en quantité suffisante demeure un véritable problème de santé publique au Cameroun. La piqûre de rappel a été faite le 1er juin dernier à Yaoundé par le Directeur général du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) au cours d’une conférence de presse. En prélude à la commémoration de la Journée mondiale du donneur de sang prévue le 14 juin prochain, le Pr. Dora Mbanya a reconnu que « la culture du don régulier n’est pas encore ancrée dans les habitudes des populations locales ». Si la couverture transfusionnelle nationale est passée de 37% à 47% en trois ans sur la base de 186 500 poches de sang collectées en 2025 contre 147 034 en 2022, les inégalités territoriales persistent. Le Centre, le Littoral et l’Est atteignent la barre de 60% de couverture, tandis que le Sud, le Nord et l’Extrême-Nord sont en dessous de 30%. Le Cameroun a toujours besoin de 400 000 poches par an pour couvrir les besoins des malades. Une situation qui affecte dès lors la qualité des soins dans les formations hospitalières. Elle aggrave aussi la mortalité des enfants très anémiés, des femmes pendant l’accouchement, des malades hémodialysés, des malades cancéreux ou celle des patients opérés ainsi que des accidentés de la route. « Malgré des efforts incontestables du CNTS et des banques de sang hospitalières, cette demande n’est couverte qu’à 42,5 %. 41,9% de la mortalité maternelle est due aux hémorragies liées au manque de sang. 70% des malades hémodialysés ont besoin de transfusion sangu...

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