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« A Mile In My Shoes »: l’autre histoire des enfants de la rue

Culture
Monica NKODO | 29-08-2017 18:09

Le cinéaste marocain Saïd Khallaf écrit le journal intime d’un jeune homme au passé difficile.

S’il existe un film qui réunit à la fois théâtre et cinéma sans ambiguïté, c’est bien « A Mile In My Shoes » (2016). Le réalisateur marocain Saïd Khallaf mêle avec intelligence et justesse l’interactivité des planches à l’effet de la caméra. Le cinéaste engage une palpitante mais surtout déchirante aventure dans le quotidien des enfants de la rue au Maroc. Une immersion brutale avec pour personnage principal Saïd, un petit garçon devenu grand, forgé à la dure loi de la rue. Dans ce champ dépourvu de fidélité, d’intégrité, de loyauté, Saïd (incarné par l’acteur marocain Amine Ennaji) trouvera de manière improbable l’amitié et l’amour. Amitié avec un camarade d’infortune. Amour d’une mère de substitution, et grand amour avec la douce Rawia. Son esprit n’est peut-être pas prêt à accepter autant de chaleur, après des années à se glacer par l’amertume des déchirures d’un passé douloureux, fait d’abus et de violences orchestrés par son beaupère.

Il avait promis paradis et protection à Saïd, à sa mère, à sa soeur. Ils ont récolté avidité et cruauté. « A Mile In My Shoes », qu’on pourrait traduire littéralement en « La vie dans mes souliers », c’est 110 minutes de militantisme contre nombre de problèmes sociaux, entre autres : enfants de la rue, viol, exploitation humaine, violences contre les femmes, autorité parentale outrancière. Que feriez-vous si jamais vous vous retrouviez dans la peau de Saïd ? Demande le réalisateur par le moyen de son scénario interpellateur. Ce thriller psychologique, sous le couvert d’une enquête policière, a été salué par la critique et récompensé dans plusieurs festivals au Maroc et à l’international.

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