Pratique illégale de la médecine: Un fléau devenu banal

Vendeurs de médicaments de la rue, infirmiers officieux et praticiens de médecine informels sont installés au cœur des habitations et offrent des soins médicaux aux risques et périls du patient.

Y aoundé, quartier Etoudi, lieu-dit Rails-abattoir. Cé­ lestin Godom, plus connu sous l’appellation de « docta», est très respecté par la majorité des riverains. Infirmier de formation selon ses dires, l’homme d’environ 35 ans exerce la médecine générale dans sa pseudo-clinique, constituée d’un espace très confiné, d’environ trois mètres carrés. L’ar­ rière de sa clinique tient lieu de salle de consultations et de soins d’urgence. Il s’agit d’un petit hangar sous lequel se trouve un vieux lit en acier, avec un matelas dans un piteux état. Pour le « docta » trai­ tant, son travail va dans le sens « d’aide » aux habitants du quartier, car il offre des soins de proximité. Ici, après la consultation, le patient doit simplement acheter les produits de traitement et payer la « main d’œuvre » qui varie entre 1000 F et 2000 F. Et les patients ne man­ quent pas, bien qu’appartenant ma­ joritairement à des couches sociales vulnérables. « Il m’arrive d’aller chez lui quand je n’ai pas assez d’argent pour aller à l’hôpital. Souvent, je fais la consultation et les examens dans une formation sanitaire ; et une fois mes résultats en main, je viens acheter les médicaments chez docta et je prends parfois des pi­ qûres », confie un patient. Une grande partie de praticiens il­ légaux offrent leurs services à do­ micile. Tandis que d’autres vont vers les malades. « Dans mon quar­ tier, mon docta est disponible à toute heure. Quand je suis malade, il suffit juste de l’a...

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