« Nous voulons créer des environnements d’apprentissage protecteurs »

Pr. Laurent Serge Etoundi Ngoa, ministre de l’Education de base

Monsieur le ministre , la nouvelle année scolaire est lancée dès ce lundi. Comment vous êtes-vous assuré de la reprise effective des cours dans les écoles maternelles et primaires sur l'ensemble du territoire national? Je voudrais tout d’abord indiquer que pour le compte de la rentrée scolaire 2026-2027, ce lundi 7 septembre 2026, nous attendons environ 6 557 494 élèves, soit 748 689 dans le pré-scolaire et 5 808 805 dans le primaire. Ainsi, pour mieux accueillir ces apprenants et garantir une reprise des classes, ainsi qu’une année scolaire pleine de succès, la liste officielle des manuels et le ca­ lendrier de l’année scolaire 2026- 2027 ont été publiés. Les travaux de la 21e Commission nationale de l’Enseignement privé de base, se sont tenus du 17 au 18 août 2026, et la Conférence sectorielle des res­ ponsables des services centraux et Déconcentrés, préparatoire à la ren­ trée scolaire, a été organisée les 19 et 20 août 2026 derniers. Les no­ minations et les mutations des per­ sonnels dans les différentes struc­ tures ont été amorcées et elles vont se poursuivre. En outre, afin qu’ils soient opérationnels dès la rentrée scolaire, les 3379 instituteurs de l’enseignement maternel et primaire, nouvellement recrutés, viennent d’être recyclés à travers des sémi­ naires tenus la semaine dernière dans les 10 régions du pays. Depuis ce lundi, la Cellule de lutte contre la corruption est déployée sur l’ensem­ ble du territoire national, pour gérer les cas de dénonciation et proposer des sanctions à l’encontre des per­ sonnels qui se rendraient coupables de perception de frais illicites ou de toute autre pratique de corruption durant la rentrée et même tout au long de l’année scolaire. La situation sécuritaire reste préoccupante dans plusieurs zones du pays, notamment dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l'Extrême-Nord. Quelles sont les mesures prises pour s'assurer que l'école vive dans ces parties du pays? Tout d'abord, il est impératif de sou­ ligner que le droit à l'éducation est un droit fondamental que nous dé­ fendons, même en contexte de crise. En endossant la Déclaration sur la sécurité dans les écoles (Safe School Declaration) depuis 2018, le Came­ roun a démontré son engagement à protéger les écoles contre les at­ taques armées et assurer la conti­ nuité de l’éducation même en temps de crise. À cet effet, le département ministériel dont j’ai la charge, a dé­ veloppé un plan d’action de mise en œuvre de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles et ses lignes direc­ trices d’implémentation et intensifié un plaidoyer pour son application, en collaboration avec les partenaires techniques et financiers (Unicef, Pa­ rec, Plan International). De manière concrète, des ateliers de vulgarisation du plan d’action de mise en œuvre de la Déclaration sur la sécurité et ses lignes directrices d’implémenta­ tion ont été organisés sur l’ensemble du territoire, avec un focus sur les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l'Extrême-Nord. Il s’agissait de créer des environnements d’appren­ tissage protecteurs, à travers : la formation des acteurs de la commu­ nauté éducative à l’élaboration des plans de mitigation des risques en milieu scolaire et la mise en place des systèmes d’alertes ; le renforce­ ment des capacités des acteurs sco­ laires en appui psychosocial, en ges­ tion des conflits et en éducation de la paix, le vivre-ensemble et la co­ hésion sociale pour la résilience face aux conflits ou crises qui peuvent toucher l’école; le renforcement des capacités des acteurs de la commu­ nauté éducative sur la mise en place des comités de vigilance au profit des établissements par ailleurs, pour garantir une reprise des classes sans heurt, il a été mis à la disposition des autorités administratives, une prime spécifique d’un montant total de 300 000 000 de F, au titre de l’appui spécial, pour le suivi et la sé­ curisation de la rentrée scolaire 2026- 2027, dans les 10 régions. Sur ce sujet, les zones reculées et d'éducation prioritaire se re­ trouvent parfois avec un déficit d'enseignants, réticents à l'idée de se rendre dans ces endroits du pays. Quelles conditions sont mises au point afin de les motiver à rester dans leurs lieux d'affec­ tation ? Plusieurs mesures sont prévues pour encourager les enseignants à rester dans les zones reculées et d’éduca­ tion prioritaire. Elles concernent no­ tamment le recrutement, la formation, l’évolution de carrière, la rémunération et l’amélioration des conditions de travail. Pour le recrutement, les en­ seignants sont sélectionnés à la suite d’un test lié au « job posting », c’est-à-dire à la publication des écoles ayant besoin de personnel, afin d’attirer des candidats qualifiés et volontaires. Leur affectation repose donc sur un consentement libre et éclairé, avec l’engagement de rester au poste pendant au moins cinq ans. Sur le plan professionnel, une pro­ gression de carrière leur est garantie grâce aux avancements automa­ tiques, tandis que les affectations administratives vers les Inspections d'arrondissement de l'Éducation de base (IAEB), les délégations ou les bureaux sont limitées pour ceux re­ crutés dans ces écoles. En matière de rémunération, des primes de fi­ délisation en zones reculées et dif­ ficiles, ainsi que des logements d’as­ treinte, sont prévus. Des primes spé­ ciales sont également accordées pour deux zones particulièrement encla­ vées : Darak, dans la région de l’Ex­ trême-Nord, et l’île de Manoka, dans le Littoral. Enfin, d’autres actions sont envisagées, notamment des plans régionaux de rotation, un sys­ tème de points, le renforcement des conditions de travail et le partenariat avec les communes pour améliorer l’accès à l’eau, à l’électricité… Les examens officiels se préparent dès les premiers jours de l'année scolaire, quelles dispositions sont mises sur pied pour lutter contre les écoles clandestines et ainsi préserver les parents de mau­ vaises surprises ? Il convient tout d’abord de relever que l’enseignement privé de base au Cameroun joue un rôle pivot in­ dispensable. Il absorbe une part mas­ sive de la demande éducative. C’est dans ce cadre que l’Etat lui accorde un appui conséquent en termes de subvention. L’enveloppe allouée à l’enseignement privé de base pour le compte de l’année scolaire 2026- 2027 s’élève à environ 3 milliards de F. Cependant face à la prolifération récurrente des établissements sco­ laires non conformes, nous avons, comme par le passé, pris des mesures répressives nécessaires. C’est ainsi que nous avons procédé à la ferme­ ture de 803 établissements clan­ destins dans les régions de l’Ada­ maoua, du Centre, de l’Est, du Littoral, de l’Ouest et du Sud pour défaut d’agréments, d’arrêtés de création et d’ouverture ou d’extension, ou encore pour structures non conformes. La décision y relative a ét&...

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