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François Djonou: « Les œufs à couver seront importés »

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 12-09-2017 18:53

Président de l’Inter-profession avicole du Cameroun (IPAVIC).

Après les ravages causés par la dernière épizootie de grippe aviaire, que faire pour relancer l'activité dans les fermes à quatre mois des fêtes de fin d'année?

On observe effectivement une rareté des œufs et des poussins, surtout les pontes sur le marché. La région de l’Ouest à elle seule fournissait avant l’épizootie de la grippe aviaire plus de 80%  de la production nationale en œufs de table. Avec les mesures restrictives de lutte contre cette épidémie qui a, rappelons-le, sévi très durement dans le bassin de production de l’Ouest, les éleveurs ne pouvaient pas renouveler leur cheptel de ponte. On a donc vu le cheptel national passer de plus de huit millions à moins de trois millions de poules pondeuses en ce moment.
Nous travaillons avec le ministère en charge de l’élevage en ce moment dans le but de trouver des possibilités de repeuplement des fermes sans  risque de réintroduire les virus. La production nationale en poussins de chair étant très insuffisante, les œufs à couver seront importés pour faire face à la demande en poulets pendant les fêtes de fin d’année.

Les fermiers disent qu'ils sont endettés et continuent de solliciter un appui financier des pouvoirs publics. Dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires, cette option a-t-elle des chances de prospérer?

Fermiers, accouveurs, vétérinaires, bref, tous les intervenants de la filière avicole ont perdu beaucoup d’argent. Ils sont, pour la plupart, fortement endettés. Le MINEPIA, le Comité de compétitivité et l’IPAVIC ont élaboré un plan de relance qui tarde à démarrer. C’est l’occasion pour moi ici d’exhorter les pouvoirs publics, malgré les difficultés auxquelles l’Etat fait face, à s’y pencher afin de relancer durablement l’activité avicole.

Si la filière avicole n'est pas redressée à temps, quel impact pourraient avoir les difficultés actuelles  sur la croissance économique, l'emploi et la lutte contre la pauvreté au Cameroun?

Il faut rappeler ici que l’activité avicole est une filière porteuse de croissance. Elle employait également plus de 320 mille personnes il y a trois ans. Des familles nombreuses vivaient grâce à cette activité. Certains établissements de micro-finance ont vu leurs activités baisser depuis que les éleveurs sont en difficulté. Et puis, les œufs produits au Cameroun rapportaient  des devises grâce aux exportations vers les pays voisins, au Soudan et même en Libye. Les difficultés auxquelles font face les aviculteurs ne peuvent qu’avoir un impact très négatif sur la croissance, l’emploi et par conséquent la lutte contre la pauvreté.

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