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Prophéties d’un poète

Culture
Yvette MBASSI-BIKELE | 13-09-2017 01:14

 Avec « La Camerouniade ou la course à l’arche », Dominique Akoa signe une implacable parabole de la condition du Cameroun et prêche le salut

 

Apremière vue, l’auteur, vingt fois diplômé de différentes universités étrangères, polyglotte, passionné de latin, grec, littérature et civilisation espagnoles, n’a rien d’un illuminé. D’où l’étonnement que provoque son ouvrage sorti de l’imprimerie adventiste, à Yaoundé, en début d’année. « Quelle surprise ! Voici que m’arrive, dans ma boîte à lettres, un livre somptueux, important, qui mérite de passer à la postérité. […] Quel souffle ! Quelle inventivité ! Quelle épopée enfin à l’heure où personne n’en compose ! Quel courage est le vôtre et quel travail représente l’œuvre que vous me présentez ! », s’émeut Jean-Louis Picoche, professeur émérite d’université, ami de l’auteur, à la découverte de l’ouvrage.
Pour somptueux, « La Camerouniade ou la course à l’arche » l’est. Dans la technique, le niveau d’écriture et de langue. On retrouve bien dans les lignes le grammairien et linguiste chevronné. Le poète s’amuse même à escamoter l’alexandrin, vers imposant digne des grands thèmes. Mais, c’est pour que le lecteur se laisse mieux emporter par ce tourbillon que constitue l’œuvre de Dominique Akoa. Faciles à lire, haletantes, ardentes, les lignes se suivent frénétiquement, entraînant le lecteur vers des régions insoupçonnées. Parfois sans comprendre où l’on va, on se laisse tout simplement emmené jusqu’au bout de ces plus de 9000 vers rimés et 284 pages de prose qui ne sauraient laisser personne indifférent.
« « Le Cameroun est placé sous la protection de Dieu », ainsi il est écrit dans la Constitution de 1960. Depuis lors, le pays a vogué, s’est perverti, a retardé dans son évolution et a chaviré. La prostitution, la rapine, le brigandage, la ruerie, le sectarisme et le tribalisme, l’incivisme et la déloyauté, la concussion et l’impéritie, le népotisme et le chauvinisme placent le pays dans la situation des prophéties d’Israël. La fille de Sion ou Jérusalem ne serait-elle pas aussi le Cameroun ? », campe l’auteur dès son avant-propos. Si l’on peine quelquefois à trouver le pays des Lions indomptables dans tous les 12 chants qui constituent cette épopée, les ressemblances entre l’auteur et certains prophètes de la Bible, -notamment Ezéchiel, Jonas, Zacharie-, elles, foisonnent. C’est que « La Camerouniade ou la course à l’arche » conduit à la recherche du salut. « C’est la course de ceux qui peuvent être sauvés du déluge de ce monde d’assoiffés du gain », précise l’auteur. A chacun de lire pour se forger sa propre idée.
 

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