Ces emballages plastiques qui résistent

D ans les années 2013-2015, les emballages plastiques avaient quasiment disparu de la cir­ culation dans certaines villes. C’était le résultat d’une lutte acharnée menée par les responsables locaux du ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded). Ces derniers bénéficiaient de l’appui inconditionnel des autorités administratives et des forces de maintien de l’ordre. Dans les espaces marchands, les feuilles de marantacée (utilisées par les peuples autochtones Baka pour la construction de leurs huttes mais aussi pour la cuisson de certains mets traditionnels) avaient la cote. Elles servaient désormais à emballer la viande, le poisson, etc. Le prix du paquet était passé du simple au double, sans grand dommage sur l’environ­ nement puisque cette plante a la faculté de pousser très rapidement. Donc, aucune rupture de stock à craindre. Quelques années plus tard. Les emballages plastiques reprennenr progressivement droit de cité. Ce cas d’école démontre qu’avec un peu de volonté, l’on peut venir à bout des emballages plastiques dans nos villes et campagnes. C’est un combat qui peut être gagné. Pourtant, le ministère de l’En­ vironnement a intensifié la lutte contre la pollution plastique ces dernières années avec la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la pollution par les plastiques. Au plan légal, l'arrêté conjoint N° 001/MINMIDT/MINEPDED du 8 décembre 2025 impose un taux minimal de 30 % de matière plastique locale recyclée dans la production d'emballages en polyéthylène téréphtalate (PET) au Cameroun. L’échéance de conformité des entreprises concernées a été fixée au 1er décembre 2026. Ces dernières sont appelées à adapter leur outil industriel, instaurant ainsi un marché pour les acteurs de l'éco­ nomie circulaire. Le secteur de la transformation plas­ tique compte plus de 50 entreprises spécialisées qui génèrent un chiffre d'affaires global estimé à plus de 153 milliards de F. Cependant, une règlementation appelle une application stricte des mesures. Et le phénomène de pollution plastique a atteint la cote d’alerte avec en moyenne 1300 tonnes de déchets plastiques rejetés quotidiennement au Cameroun au­ jourd’hui. Pour lutter efficacement contre la pollution plastique au Cameroun où l'on produit environ 500 000 tonnes de déchets plastiques par an pour un taux de recyclage estimé à un peu plus de 20 %, une approche globale combinant réglementation, tri, économie circulaire et sensibilisation est nécessaire. Pour gagner ce combat, il est vital de faire respecter la législation sur l'inter­ diction de production, d'importation et de commercia­ lisation des emballages plastiques non biodégradables de basse densité, conformément à la Stratégie nationale de lutte contre la pollution par les plastiques. Les ad­ ministrations impliquées dans la lutte contre la pollution plastique ont intérêt à se débarrasser des longues procédures conduisant à la destruction des emballages saisis pour éviter que les mêmes plastiques soient réintroduits dans les circuits commerciaux comme c’est souvent le cas. Une sorte de « recyclage » à ciel ouvert. Les pouvoirs publics gagneraient à renforcer la fiscalité verte en instaurant les taxes dissuasives sur la consommation et l'importation de plastiques à usage unique et subventionner les a...

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie