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Santé mentale: quand le travail est stressant…

24 heures
Carine TSIELE | 11-10-2017 11:23

Stress et mal-être sont devenus des réalités dans le milieu professionnel. A chacun ses mécanismes pour y faire face

 

Le Cameroun se joint ce jour à la communauté internationale pour célébrer la Journée mondiale de la santé mentale. Cette 25e édition a pour thème : « La santé mentale au travail ». Elle se tient dans un contexte où certaines entreprises ont encore du mal à penser au bien-être mental de leurs employés. L’histoire de Stève Mindza, 47 ans, rencontré hier matin au service de psychologie dans une clinique de la place confirme cette réalité. Ce dernier explique qu’il passe désormais trois heures par semaine chez le psychologue parce qu’il a failli mettre un terme à sa vie suite aux stress, frustrations et à l’excès de travail imposés par sa hiérarchie. C’est que, après vingt ans de travail et après avoir gravi des échelons, il a été nommé directeur dans l’entreprise. Tout allait bien jusqu’au jour où la direction générale lui impose un surcroît de travail, faisant la sourde oreille à ses protestations. « Ma hiérarchie m’a fait comprendre que si je refusais ce surplus de boulot, cela pourrait compromettre mon avancement. Finalement, je me suis conformé. J’ai alors commencé à sauter systématiquement la pause déjeuner. A revenir le soir au bureau, après mes rendez-vous extérieurs, pour traiter des dossiers », assure notre source. « En trois mois, j’ai perdu quinze kilos et un jour, j’ai craqué. J’étais devenu quelqu’un d’autre. Irritable, ne supportant plus rien. Entre mes rendez-vous, j’avais des crises de larmes au volant, et parfois même l’envie de rater un virage… Je ne voulais pas démissionner et décevoir mon épouse et nos enfants. J’ai préféré en finir avec cette vie  Un jour j’ai avalé des cachets en surdose », poursuit-il. Heureusement il a été transporté en urgence à l’hôpital.
Comme Stève Mindza, de plus en plus de personnes en service dans des structures et entreprises sont victimes de ce que beaucoup considèrent comme le mal professionnel de notre siècle. Un syndrome d’épuisement professionnel qui peut avoir de graves conséquences sur ceux qu’il touche. Certaines entreprises l’ont compris et ont mis en place des cadres de dialogue et des associations au sein desquelles les employés peuvent exprimer leurs problèmes et leurs frustrations. « Dans notre entreprise, il existe un cadre d’échange entre employés et le directeur général. Chaque fin de mois, notre DG organise des séances  d’entretien avec le personnel d’entretien, gardiennage, coursiers... où ils évoquent leurs attentes et leurs difficultés, entre autres. La seconde rencontre se poursuit alors avec les cadres supérieurs, occasion pour eux aussi d’évoquer leurs préoccupations … », dévoile Rosalie Mfoulou, cadre dans une entreprise de la place. Dans d’autres structures, en dehors du dialogue, ce sont les activités physiques et sportives qui ont été mises en place pour détresser les employés.

 

La parole aux acteurs

 

Salomon Eto: “A Cool Bath Does The Trick”

Galaxie Travelling Agency, Yaounde, Chief of Service

“The level of stress depends on each person’s ability to handle certain situations. After a stressful day at work, I return home and take a cold bath, eat, then maybe have some tea then rest. In order for me to avoid stress within the day, I do not go out at night after work. Consuming a lot of beer after work will impact the next day of work negatively for me, so I avoid it.”

 

Clément Ngoh Abada: « Nous mettons l’accent sur les activités sportives »

Ingénieur polytechnicien

« Dans notre entreprise, le stress est géré à travers des activités sportives dominantes, avec ce qu'on appelle des teams buildings. Ce sont des rencontres périodiques où un service partage des soirées récréatives. A travers des activités ludiques comme des tombolas mensuelles qui permettent de créer une effervescence à travers des programmes d'astreinte. Il y a également une grande équité qui est implémentée dans la distribution des taches. »

 

Pierre Vokeng: « Beaucoup de stress à chaque rentrée scolaire »

conseiller pédagogique, Collège bilingue Les Masters

« Le stress est inhérent à toute activité humaine. Au sein de notre établissement, nous sommes beaucoup plus confrontés à ce phénomène à chaque rentrée scolaire avec la pression des inscriptions, où il est question de gérer nos effectifs pour la nouvelle année scolaire. Le stress intervient également au cours des examens officiels et non-officiels. Pour mieux le gérer, nous mettons un accent sur la discipline et la pédagogie au sein de l’établissement. »

 

 Foe Ezange: “Being Polite Eases All Stress”

Baggage handler

“I start the day with prayer to prepare my mind for work. When at work, I make sure I greet all my colleagues and discuss with them so we can work well. I am also very polite to the clients because I meet people with different characters every day and some of them can stress you up with the way they talk to you or behave.”
 

 

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