Orientation scolaire et académique: les clés de la réussite

24 heures
Priscille G. Moadougou | 11-10-2017 23:20

 Le choix de la plupart des enfants porte l’estampille du parent, avec des conséquences diverses

 

Sophia Nga Onomo est heureuse. Depuis avril dernier, elle est étudiante en Master I en Sciences de l’information et la communication. Son rêve de devenir journaliste prend corps. Et pourtant ! «Toute petite, je voulais devenir magistrat. Puis, du jour au lendemain, j’ai changé d’avis en choisissant le journalisme. Car, dans les divers établissements fréquentés, j’étais membre du club journal. Après mon baccalauréat, alors que je veux présenter le concours de l’Esstic, mon père m’oppose un refus catégorique. Il me demande de m’inscrire à l’université de Yaoundé I en Littérature. Etant en Master II, je postule à son insu. Et j’ai été retenue. Aujourd’hui, il est plus engagé que moi à réaliser mon rêve», raconte-t-elle.
Si Sophia Nga Onomo a réussi à «arracher » son indépendance relative à sa carrière, ce n’est pas le cas de beaucoup d’élèves. «Jusqu’à présent, la majorité des parents choisissent le métier que leurs enfants vont exercer à la place de ceux-ci», regrette Jeannette W, conseiller d’orientation. Ceux-ci sont en pleine transposition forte. «Pour un parent, son père a été médecin, lui-même est médecin. Donc, son enfant doit le devenir. Or, il est possible qu’à l’issue des tests psychotechniques, on découvre qu’il n’a pour la médecine», précise Alain Assogo, son collègue.
A ce moment-là, la réaction des parents est parfois renversante. «Quand un parent n’est pas d’accord avec l’orientation proposée, il vient vous rencontrer en colère. Parfois, il veut même utiliser la violence pour que votre jugement change. Les plus obstinés changent d’école à leur enfant pour aller l’inscrire dans un autre établissement, afin que celui-ci puisse faire la série qu’il aura choisi», poursuit Jeannette W.
Les conséquences de ces attitudes parentales sont énormes. «Vous avez des élèves qui ont échoué deux fois au probatoire. A la troisième année, ils se rendent compte qu’ils doivent repartir en seconde parce qu’ils ne peuvent plus avancer. Et ils reviennent nous voir pour poser leur problème », raconte Alain Assogo. «Chez d’autres, c’est beaucoup plus tard qu’ils viennent nous voir. Après le baccalauréat, ils se rendent compte qu’ils sont perdus», indique Jeannette W. Ceux qui finissent par trouver un emploi malgré tous ces obstacles ne sont pas dévoués, il suffit de faire un tour dans les hôpitaux et dans les écoles, notamment pour distinguer celui qui l’est de celui qui ne l’est pas. C’est pour cela que «les parents d’élèves et les conseillers d’orientation doivent souvent se rencontrer. Ce n’est que de cette manière qu’ils nous comprendront, avant de décider de l’orientation de leur progéniture » propose Alain Assobo.

 

La parole aux acteurs

 

 Professor Balgah Sounders: “Parents, Students Should Visit Guidance Counsellors”

Vice Dean, Student Affairs and Records, faculty of Social and Management sciences, University of Buea

“When our students graduate, they are found in all sectors of the economy because when they graduate, they create jobs and do not look for jobs. We want to sell the activities of our departments to the public, so that people should know what can happen when their children leave the university. More and more students and teachers use guidance counsellors and this has yielded fruits at the University of Buea. Parents and students should visit guidance counsellors to know which department best fit their future career

 

 Louise Hardy Ntamack: « Ils aident à choisir les séries »

Elève

« Je n’étais pas au courant de l’existence des conseillers d’orientation jusqu’en classe de 6e. C’est à partir de cette classe que j’ai vraiment mesuré leur importance. Je n’ai pas encore eu à consulter un conseiller d’orientation mais lorsqu’ils nous font cours je trouve ça très intéressant. Il y a des élèves qui ont des problèmes personnels, qui ne savent pas comment les gérer mais grâce à ces conseillers, ils parviennent à les surmonter. Ils aident également au moment de choisir les séries. Dans notre lycée, ils étaient passés dans les classes pour remettre des tests».

 

 Wilfried Magellan Nkono: « Le conseiller est un éclaireur »

Etudiant

« Je suis étudiant en faculté des sciences juridique et politique et en entrant à l’Université j’ai fait le point avec les différents conseillers d’orientation avant d’opérer mon choix. Je peux affirmer que j’arrive à m’en sortir. Nous sommes informés depuis plusieurs années que chaque établissement comprend en son sein un conseil d’orientation pour l’accueil des nouveaux étudiants. Ces étudiants leur font part de leurs projets d’études et les conseillers d’orientation leur expliquent de manière simple les débouchés des différentes filières. Ainsi, l’étudiant peut simplement cocher la filière qui l’intéresse. Le conseiller d’orientation est comme un éclaireur. C’est lui qui connaît  le chemin du succès et  les obstacles qui parsèment ce chemin».
 

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