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Dr. Rose Abondo Ngono Mballa: « Ces produits entraînent plusieurs type de pathologies »

24 heures
Carine TSIELE | 12-11-2017 21:01

Directeur général du Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’expertise (Lanacome).

 

Plusieurs produits cosmétiques présents sur le marché causent des ravages cutanés à cause des agents contenus dans ces derniers. Peut-on connaître quelques-uns de ces composants dangereux ?


Il faut signaler que tous les produits cosmétiques ne sont pas dangereux. Le danger vient des produits de la dépigmentation volontaire. Notamment des dérivés mercuriels. Ce qu’il faut savoir c’est que la dépigmentation a commencé lorsque les consommatrices ont détourné les médicaments vers la cosmétique. Vous avez les dermocorticoïdes ou de l’hydroquinone qui sont des crèmes utilisées dans le traitement local de plusieurs affections dermatologiques depuis des années, et que les femmes utilisent désormais pour se blanchir la peau. Mais depuis 2017, le phénomène s’est accentué. Désormais, c’est l’injection du glutathion qui se fait essentiellement en Afrique de l’Ouest et qui arrive petit à petit en Afrique centrale. L’injection de ce produit est normalement utilisée pour traiter certaines maladies qui détruisent les neurones comme la maladie de Parkinson. Mais, utilisé pour se blanchir la peau il va entraîner des complications cutanées et surtout systémiques. Notamment des complications rénales et même obstétricales allant jusqu’à provoquer des problèmes d’accouchement ou de conception et de fausses couches. Des interférences hormonales qui entraînent plusieurs autres types de pathologies.


Comment le Lanacome effectue-t-il le contrôle des produits ? Faites vous des descentes inopinées dans les marchés pour vérifier la qualité vendue?    


Nous recevons les échantillons dans notre laboratoire. Le laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’expertise ne va pas prélever des échantillons sur le terrain. Nous travaillons avec le gouvernement, en fonction de ce qui est recherché. Aujourd’hui, nous avons mis au point des techniques chromatographiques pour identifier les dérivés interdits. Notamment le mercuriel, le sel de plomb, mais aussi tout ce qui est hydroquinone. Et même ses précurseurs. Car de plus en plus, il y a des produits qui ne sont pas à l’hydroquinone mais qui se transforment en hydroquinone au contact de la peau.


 Ne songez-vous pas à aboutir à marquer des timbres sur des produits  pour certifier la bonne qualité ? 


Nous espérons que le ministère du Commerce va le faire. C’est lui qui est responsable de la qualité des produits qui circulent dans les marchés. Et pour cela, nous sommes leur partenaire. Et justement, au cours du forum de la qualité qui est organisé à Yaoundé depuis le 8 novembre dernier, l’Agence nationale des normes et de la qualité du Cameroun (Anor) a présenté le logo qui sera utilisé pour les produits qui seront certifiés au Cameroun. Les responsables ont expliqué qu’ils sont en voie d’organiser le marquage de ce type de produit. C'est-à-dire que dans l’avenir, sur le marché vous verrez bien un timbre qu’on peut appeler marque qui va déterminer si le produit a été reconnu comme conforme par les entités en charge de la qualité au Cameroun. Donc, il sera marqué norme camerounaise en plus des autres normes qui existent sur le marché.

 

 

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