Tuer le mal à la racine

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 23-11-2017 06:21

Regard

Qu’on ne se voile pas les yeux. La corruption est une réalité dans les milieux universitaires comme c’est le cas dans les autres compartiments de la société camerounaise.

A l’université, au niveau des facultés et des grandes écoles, la validation des unités de valeur est un enjeu majeur qui donne parfois lieu à des dérives et autres pratiques peu orthodoxes.

En outre, des trafics en tout genre sont souvent observés autour de l’attribution des chambres d’étudiants dans les universités d’Etat, l’offre  étant largement inférieure à la demande.

L’université étant le moule qui forme les cadres supérieurs qui seront aux affaires demain, il est important de s’assurer qu’à ce niveau, les étudiants reçoivent, en plus des savoirs théoriques et pratiques, un savoir-être et une éducation morale irréprochables.

Bref, une intégrité à toute épreuve. Car lorsqu’ils prendront les commandes du pays, ce sera peut-être trop tard de leur dire qu’il n’est pas bon de tricher, d’abuser de ses fonctions, de faire du trafic d’influence  ou de détourner les deniers publics.

C’est pour cette raison que la campagne de sensibilisation à l’éducation, à l’intégrité et à la mise en place des clubs d’intégrité dans les universités et instituts privés d’enseignement supérieur est une démarche à encourager.

L’initiatrice de cette opération, la Commission nationale anti-corruption (CONAC), a bien compris que « mieux vaut prévenir que guérir ». Traduction de ce proverbe : il faut en tout prendre des précautions afin d'éviter au maximum les difficultés. Puisqu’il est en effet plus aisé d'empêcher une situation délicate ou un problème douloureux, que de les résoudre.

La preuve, les mesures de répression mises en œuvre pour dissuader les corrompus et les corrupteurs n’ébranlent pas beaucoup ces derniers. Sinon, certains gestionnaires de fonds publics et leurs complices ne continueraient pas  à prendre dans la caisse, sachant bien qu’ils encourent de lourdes peines de prison.  C’est pour cette raison qu’il est plus judicieux de tuer le mal à la racine.

Dans cette perspective, le choix porté par la CONAC sur les étudiants, dans le cadre du Programme national d’éducation à l’intégrité, vise à contribuer à prévenir et à juguler le phénomène de la corruption dans le secteur éducatif en vue de l’édification d’une jeunesse camerounaise intègre, respectueuse des valeurs universelles, traditionnelles, républicaines, morales, éthiques et fondamentales de la vie.

Les clubs d’intégrité se présentent ainsi comme des mouvements de jeunes leur permettant de s’approprier, de promouvoir et de vulgariser les principes et valeurs d’intégrité.

Si ces mouvements se multiplient et prêchent la bonne parole sur les campus, on peut parier que de proche en proche, une nouvelle génération rejetant les actes de corruption va naître et émerger. 

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