Cameroon-Tribune

« Il faut contrôler cette exploitation »

24 heures
Sorèle GUEBEDIANG à BESSONG | 24-11-2017 01:42

 L 'explication

Peter Tieh Nde,: Préfet du Nyong-et-kéllé.

La ruée vers l’or dans la ville d’Eséka depuis quelque temps est-elle justifiée ?

Des gens se trouvent sur plusieurs sites pour chercher de l’or. Notamment dans les localités de Batbat, Bogso, dans tout l’arrondissement d’Eséka et ses environs. Cette situation m’a poussé à m’intéresser à la question. Il n’y a aucun document officiel qui le prouve jusqu’à une date récente. Mais, il y a un flux de personnes qui convergent vers la ville et qui ne sont pas des Camerounais pour la plupart. Ce sont des étrangers qui viennent de divers pays en quête de l’or. Et il faut savoir que, certains ne sont pas identifiés parce qu’ils ne détiennent aucune pièce. Cet état de choses a attiré notre attention et nous avons pris la décision de demander au délégué départemental en charge des mines de nous rendre compte de ce qui se passe. Il m’a fait parvenir deux dossiers en 48 heures. Le premier dossier donnait  les modalités aux orpailleurs pour être sur le terrain. Le deuxième, leur demandait de quitter les lieux parce qu’ils ne respectent pas les consignes.

Malgré toutes les directives, on constate que ces exploitants continuent de faire la sourde oreille…?

J’ai donné une instruction selon laquelle ils doivent d’abord déguerpir à travers une instruction verbale au délégué et suspendre toutes les procédures qui leur avaient été demandées par la délégation des mines afin d’y voir clair. Et le délégué m’a fait comprendre qu’ils sont partis. Mais quelques jours après, j’ai constaté que la ville a été envahie à nouveau. Ce qui veut dire que la situation n’a pas évolué. J’ai alors instruit les forces de maintien de l’ordre d’interpeller des étrangers et un matin, elles ont mis la main sur une quinzaine de personnes. Ces personnes n’avaient aucune carte d’identité. J’ai demandé qu’on les entende et que le dossier passe en justice puisque le magistrat est l’arbitre ultime. Par la suite, j’ai décidé de signer l’arrêté préfectoral leur demandant de respecter les textes en vigueur.

Quid du contenu de cet arrêté ?

En plus du respect de la règlementation, il leur a été demandé de se constituer en petits groupes d’initiative commune (Gic) ou en entreprise de l’artisanat minier pour savoir avec qui l’Etat traite et avoir la main mise sur cette activité et tous ceux qui s’y impliquent. Je peux vous dire que l’action juridique entamée n’a pas été respectée parce que les gens y sont toujours. Ils continuent de chercher et je ne sais pas s’ils ont déjà trouvé l’or puisqu’officiellement nous ne disposons d’aucune donnée. Mais je suppose que si, puisqu’ils y sont toujours. Sinon un mois après, ils seraient déjà partis.

Comment gérez-vous cette situation ?

Après la signature de mon arrêté, le ministre des Mines, de l’industrie et du Développement technologique m’a adressé une correspondance à travers le Cadre d’appui de promotion de l’artisanat minier (Capam) qui est venu m’expliquer comment ça doit se passer. Je leur ai demandé de faire leur travail en tenant compte de mes exigences parce que je doute fort que ces personnes soient en train de prospecter. Le Capam a promis de les organiser et de leur faire signer des dossiers de prospecteurs. Une fois que ce sera fait, il n’y aura plus de raison de les poursuivre en justice. Puisque c’est le service technique qui va désormais assurer la gestion de ce dossier. Je tiens à faire respecter la réglementation en vigueur. On ne sait pas ce qu’ils ont exploité jusqu’ici et c’est l’Etat qui est perdant. Il faut contrôler cette exploitation.
 

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