Une décision salutaire

24 heures
Simon Pierre ETOUNDI | 27-11-2017 10:32

Regard

« A notre époque… ». Cette réplique a le don d’agacer les jeunes lorsqu’ils font face à des personnes plus âgées qui essayent de leur faire part de leur vécu. Certes il y a parfois de la forfanterie dans certaines attitudes et certains aînés laissent souvent transparaître une certaine condescendance.

Mais le fait est qu’à une certaine époque, les choses étaient différentes. La filière du livre et du manuel scolaires, offre ainsi un cas d’école pour apprécier les évolutions qu’a connue le système éducatif camerounais.

Les épopées du célèbre Mamadou et Bineta ou de Mon livre Unique de français par exemple qu’ont utilisés eux qui sont aujourd’hui des quinquagénaires pour certains ou des quadragénaires pour d’autres, n’ont rien à voir avec ce qui a cours aujourd’hui dans le système éducatif.

Ainsi sur un plan purement académique, l’on a perdu toute lisibilité, parfois toute cohérence logique dans l’enseignement de certaines matières. D’une année à l’autre, les livres et autres manuels scolaires changent, sans que l’on sache bien quelles sont les motivations profondes de ces changements.

Pis, il y a une tendance persistante d’une absence de coordination entre les enseignements prodigués dans les différents établissements. Tout se passe en effet comme si, chaque chef d’établissement, voire chaque enseignant peut décider pour les raisons  qui lui sont propres, les ouvrages et manuels scolaires qu’il faut utiliser.

Dans ces conditions, les générations actuelles d’apprenants peuvent difficilement avoir la même communauté de souvenirs que celles qui les ont précédées et qui avaient en partage… l’histoire de Mamadou et Bineta.
Davantage, sur un plan purement économique, les parents d’élèves font face à un vrai casse-tête incessant à chaque rentrée scolaire pour « offrir » à leur progéniture tous les livres et manuels scolaires demandés. Et dieu seul qu’il en faut.

En effet, il y a dans les programmes scolaires actuels une inflation d’ouvrages et manuels que les apprenants sont supposés avoir. Par ailleurs, même lorsque les parents font les efforts de les acheter tous, c’est pour le  court terme. Car, d’une année à l’autre, tous ces ouvrages peuvent changer, sans préavis. Et cela fait de longues années que les parents vivent un vrai martyr, sans pour autant être « récompensés » par une qualité indiscutable des enseignements reçus par leurs enfants.

La circulaire et les deux décrets signés en fin de semaine écoulée par le du premier ministre chef du gouvernement est une véritable aubaine pour les parents. La circulaire définit les principes qui régissent la filière du livre scolaire et les deux décrets portent sur la création, l’organisation et le fonctionnement de la Commission nationale chargée du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre de la politique nationale du livre, du manuel scolaire et autres matériels didactiques et sur l’organisation du Conseil national d’agrément des manuels scolaires et matériels didactiques.

En somme, le gouvernement reprend la main sur une filière où régnait un grand désordre.  La valeur scientifique,  l’approche pédagogique appliquée aux enseignements, les considérations économiques etc. sont désormais pris en compte. 

Désormais, il faudrait davantage de cohérence dans les programmes d’enseignement et une plus grande stabilité également.  Le vœu qu’il reste à formuler est que les nouvelles mesures prises soient suivies d’effet et permettent dans quelques années que les générations d’apprenants actuels puissent raconter aisément leur époque. La même époque !
 

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