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Union africaine-Union européenne: Rencontre à Abidjan

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Yves ATANGA | 28-11-2017 09:34

 Le 5e sommet entre les deux communautés s’ouvre ce mercredi dans la capitale économique ivoirienne, déjà parée pour le grand rendez-vous.

Ici, tout le monde ne parle que de ça. Ça commence par le sourire et la question quasi-mécanique de l’agent chargé du contrôle de passeport à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny : « C’est pour le sommet ? » Réponse : oui. Evidemment. La capitale économique ivoirienne draine depuis le week-end, des milliers d’hôtes venus participer au 5e sommet Union africaine-Union européenne qui s’ouvre ce mercredi. Les rues sont embellies aux couleurs de l’évènement.

Drapeaux, derniers coups de pelle par-ci, ultime couche de bitume par-là. Et dans les hôtels de la ville, investis par les membres des différentes délégations, c’est pratiquement le plein d’œuf partout. Européens et Africains ont déjà commencé leur brassage dans les établissements hôteliers d’Abidjan, mais aussi au centre d’accréditation de l’hôtel Sofitel Ivoire, où se tient le sommet. 400 journalistes étaient attendus. On apprend, entre deux bousculades, que ce sont finalement plus de 1000 qui viennent pour la couverture médiatique.

C’est que, le sommet d’Abidjan est spécial à plus d’un titre. Pour la première fois, le sommet Afrique-Union européenne va se tenir sous sa nouvelle appellation. Ce sera donc désormais Union africaine-Union européenne. Ce qui, espèrent les participants et surtout les Africains, implique un changement de ton dans la relation afro-européenne.

Avec notamment plus de franchise, comme l’indiquait il y a quelques jours, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, dans une interview accordée au magazine Jeune Afrique. Autre première : la tenue de la rencontre en Afrique sub-saharienne. Les quatre précédents sommets ont eu lieu successivement au Caire (Egypte) en 2000, à Lisbonne (Portugal) en 2007 ; à Tripoli (Libye) en 2010 et à Bruxelles (Belgique) en avril 2014.

 La cinquième rencontre au sommet nourrit l’ambition de donner une nouvelle impulsion à la relation entre l’Afrique et son partenaire européen. Le sommet placé sous le thème « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable », se penchera sur les moyens de tirer le meilleur profit de l’énorme potentiel que constitue la jeunesse. Il s’agit en gros de trouver des réponses efficaces aux questions de formation et d’emploi.

Et ça tombe bien puisque la rencontre intervient quelques jours après le tollé suscité par le dernier épisode de la crise des migrants, véritable cailloux dans la chaussure des Africains et des Européens. Même s’il n’était pas formellement inscrit à l’ordre du jour, le sujet de la vente de migrants à des fins d’esclavage en Libye est inévitable. Alassane Dramane Ouattara, le président hôte du sommet, a confirmé qu’il allait être abordé lors des deux jours de discussions à Abidjan.

De toute façon, la dernière actualité oblige les deux partenaires à mieux asseoir leur collaboration future. Car les malentendus et divergences ne manquent pas. Cas pratiques : la fameuse crise dite « des migrants », mais aussi les accords de partenariat économique qui connaissent diverses fortunes sur le continent.

La perception de l’Europe et de ses intentions en Afrique est loin d’être rassurante. Tandis que les Européens brandissent volontiers le volume de leurs investissements pour réclamer d’être mieux considérés, ils se heurtent généralement à une opinion plus ou moins soupçonneuse.

Il faudra donc faire des efforts pour faire régner une véritable confiance et proposer un nouveau modèle de collaboration, différent du schéma « bailleur de fonds-bénéficiaire », entre deux entités qui ne peuvent cheminer séparément.

Le trait d’union pourrait donc être cette option d’investir sur la jeunesse. Trouver des emplois aux jeunes de plus en plus nombreux de part et d’autre est une préoccupation commune sur laquelle peut effectivement s’appuyer une refondation de la relation entre l’Afrique et l’Europe.

Pour en débattre, du beau monde est attendu en Côte d’Ivoire cette semaine : près de 80 chefs d’Etat et de gouvernement, plus de 6000 participants venus des deux continents. Et parmi eux, les élus réunis depuis hier dans le cadre d’un sommet parlementaire (Parlement panafricain-parlement européen). Ça promet !

 

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