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Personnes handicapées: au-delà de la discrimination à l’embauche

Societe
Monica NKODO | 05-12-2017 11:02

 Nombre d’entreprises continuent de rejeter des chercheurs d’emploi diminués par leur handicap. Ce, malgré des dispositions légales.

Un refus de plus. Un refus de trop. Yvon Ngounou, 23 ans, est un homme de petite taille. Etudiant en BTS banque et finance dans un institut privé de Yaoundé, le jeune homme est au bord de l’épuisement. Physique, et moral aussi. Ses demandes de stage sont vouées à l’échec.

Et ce, quelle que soit la technique d’approche. « Je dépose mes dossiers deux mois avant, pour que les potentiels employeurs prennent le temps de bien l’étudier. Mais pas de suite. Parfois on vous donne de l’espoir, et puis il n’y a pas de retour », regrette Yvon.

Inquiet pour son avenir, le jeune homme continue pourtant de caresser le rêve de travailler un jour à la BEAC ou dans la fonction publique. Dans son association, ils sont nombreux à se heurter à la discrimination à l’embauche à cause de leur physique.

Hapsatou, elle aussi de petite taille, a eu un choc en quittant son Penja natal (Littoral) pour se rendre à Yaoundé en quête d’un travail. Formée en secrétariat bureautique, elle espérait faire son cocon dans la capitale. Au lieu de cela, elle s’est confrontée aux préjugés. « Dans tous les secrétariats où j’ai demandé du travail, on me regardait de haut, sans jeu de mots, pour me demander si je venais faire des photocopies. Il y en avait toujours un avec un air moqueur quand je donnais la vraie raison de ma présence », se souvient-elle. Il a fallu deux ans de recherches et un coup de pouce d’une connaissance pour que Hapsatou soit engagée dans un secrétariat au quartier Etoa-Meki.

Le regard est le premier ennemi de ces hommes et femmes diminués physiquement à cause de leur handicap. Après un accident de la route, Ghislaine a perdu l’usage de ses deux jambes. Elle est en chaise roulante depuis ses 15 ans.

« J’ai envoyé mon CV dans une entreprise pour le poste de comptable. Ma photo était prise en plan poitrine. J’ai été rappelée très vite pour un entretien. Une fois devant le patron, j’ai tout de suite lu sur son visage le dégoût, le mépris », dit-elle. Elle ne sera pas recrutée…

Aujourd’hui, elle s’est résignée et mise au commerce. « Ce sont mes jambes qui sont malades, pas mon cerveau. Hormis notre condition physique, nous avons autant de compétences que les personnes dites valides », plaide Ghislaine.

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