Cameroon-Tribune

Préservons ce qui fait notre identité

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 05-12-2017 11:15

Regard

L’esprit de solidarité est l’une des caractéristiques essentielles des sociétés africaines (traditionnelles). C’est le sentiment de responsabilité et de dépendance réciproque au sein d'un groupe de personnes qui sont moralement obligées les unes par rapport aux autres.

Ainsi, les problèmes rencontrés par l'un ou plusieurs de ses membres concernent l'ensemble du groupe. Ainsi, la solidarité conduit finalement l'homme à se comporter comme s'il était directement confronté au problème des autres, sans quoi, pense-t-on, c'est l'avenir du groupe (et donc le sien) qui pourrait être compromis. La famille, la tribu, l’ethnie, la nation et même le monde font partie des cadres d’expression de la solidarité.

A l’échelle du Cameroun,  on a vu, en 2014 et 2015,  la mobilisation extraordinaire des citoyens au plus fort de la guerre contre Boko Haram. Des compatriotes de l’intérieur et ceux de la diaspora ont offert des dons de diverses natures pour venir en aide aux populations déplacées de la région de l’Extrême-Nord, victimes des exactions  la secte terroriste Boko Haram.

Seulement, ce fait majeur masque une autre réalité : le recul de la solidarité dans la plupart de nos familles. A cause, entre autres, du coût de plus en plus élevé de la vie et de l’occidentalisation qui engendrent la montée de l’individualisme. Lentement, mais sûrement, nous sommes en train de copier le modèle des sociétés capitalistes marchandes.

La famille nucléaire tend à devenir le seul cadre d’expression de la solidarité. De plus en plus, les tantes, cousins, oncles, neveux et nièces sont tenus à distance.

Face à cette situation, il est important de se demander ce que nous voulons à terme devenir. Voulons-nous être comme ces sociétés où les vieillards, regroupés dans des maisons de retraite,  sont abandonnés par leurs fils et petits-fils ? Voulons-nous être comme ces sociétés où les membres d’une même famille vivent chacun dans son coin ? Voulons-nous être comme ces occupants d’un même immeuble qui ne se rendent compte de la mort d’un voisin qu’une semaine après, parce que chacun ne s’occupe que de ses propres affaires ?

Ces interrogations nous interpellent tous sur le modèle de société que nous devons bâtir à l’heure du capitalisme triomphant. Ce que nous gagnons en adoptant les valeurs des autres vaut-il ce que nous avons perdu ?

En tout état de cause, dans le nécessaire syncrétisme culturel à opérer, nous pensons qu’il est bon de garder ce qui fait aujourd’hui notre fierté et marque notre différence avec les autres, parce que c’est un trait de notre identité à préserver pour éviter l’assimilation. Sinon, nous risquons de n’avoir rien à apporter d’original au rendez-vous du donner et du recevoir.
 

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