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L’épreuve des évolutions socio-économiques

24 heures
Alfred MVOGO BIYECK | 05-12-2017 11:22

Le contexte

Le coût élevé de la vie et le changement des comportements ont entraîné un repli sur soi, préjudiciable à l’esprit de solidarité.

La solidarité a, de tout temps, été au centre des préoccupations des sociétés africaines. Les uns et les autres ont su entretenir et protéger un petit espace de tradition, fait de soutien, d’entraide et d’assistance familiale sans lequel, en réalité, notre société n’aurait pas tenu face aux assauts de la modernité et de l’occidentalisation des comportements.

Il y a des décennies, un parent partait d’une contrée peu ou prou éloignée. Et,  sans crier gare, il débarquait au bureau ou à la maison. Un poulet ou un coq sous le bras, et un régime de plantain sur la tête, dans le meilleur des cas, si ce n’est bras ballants.

Qui n’a pas vécu dans le domicile familial avec frères, sœurs, cousins, neveux et autres sans aucune attache quelques fois ? Ces « étrangers » partageaient notre espace familial quand ils ne se l’accaparaient pas, et étaient même parfois mieux traités par nos parents. Ces derniers, parce qu’ils travaillaient en ville, voyaient débarquer la famille venue du village.

Et pas question de ne pas répondre à leurs sollicitations. Pour les fêtes de fin d’année, un cas de maladie, l’inscription des enfants à l’école, une première communion, un baptême, un mariage, une dot… La liste est loin, très loin d’être exhaustive. La solidarité était érigée en règle d’or.

Au risque de se voir traduit dans un tribunal en sorcellerie au village. Et dans le pire des cas, être « mangé » pour non assistance à une parenté. Beaucoup ont reçu et profité du système, mais très peu ont renvoyé l’ascenseur.

Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. La crise économique est passée par là, obligeant les uns et les autres à l’aune de la diminution de leurs moyens de subsistance, à revoir ce mode de fonctionnement. Plus question donc de répondre automatiquement aux besoins des uns et des autres.

L’ouverture au monde et un entourage de plus en plus regardant sur la qualité et la motivation d’une aide, ont achevé de changer la donne. Loin du proverbe africain qui veut que la famille soit « un pot à eau, quand on a bu, on le passe à autrui pour qu’il boive aussi ».

Reste que toutes ces évolutions n’ont pas été prises en compte à leur juste valeur. Qui ne s’adapte pas disparaît, dit-on. Sans nous renier, à nous de prendre en compte les changements que nous impose le nouvel environnement.

Tout en préservant certains acquis, à même de ne pas nous faire perdre notre identité. On ne le sait que trop, l’union dans le troupeau oblige le lion à se coucher avec la faim.

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