Responsive image

Une filière en baisse de régime

24 heures
Félicité BAHANE N. | 06-12-2017 14:47

Le Contexte

Un climat défavorable et un champignon particulièrement virulent à la base de la chute des objectifs 2017.

Un vent de désolation souffle sur la filière banane au Cameroun. Trop de pluies, pas assez de soleil et en plus, une maladie attaque les bananiers. Les objectifs de production pour 2017 sont loin d’être atteints et l’on réfléchit à des techniques innovantes, visant à contourner les difficultés et faire mieux en 2018.

La filière banane au Cameroun est en effet dominée par trois groupes de producteurs dont un public, la Cameroon Development Corporation (CDC) avec 38% des parts de marché et deux investisseurs privés : les Plantations du Haut Penja (PHP), 58% des parts et Boh Plantations Limited (BPL), 4%. L’ensemble de leurs productions, tourné vers l’exportation, était jusqu’ici en pleine croissance.

On est passé de 228 tonnes en 2012 à 296 tonnes en 2016. Logiquement, compte tenu de l’expansion des surfaces de production, 8000 ha en 2012 contre 8300 ha en 2016, les acteurs de la filière espéraient franchir la barre des 300 tonnes de banane exportées en 2017. Hélas, les objectifs ne seront pas atteints. Car « cette année, le climat a été particulièrement défavorable.

Les saisons pluvieuses étaient trop arrosées. Le soleil a manqué aux plantations », rapporte Anatole Ebanda Alima, membre de l’Association bananière du Cameroun (Assobacam). Une entité en charge de l’encadrement de la filière.

Du côté de la PHP, premier producteur national, le directeur général explique qu’il y a généralement un champignon qui s’attaque aux bananeraies et qui nécessite un certain nombre de traitements préventifs. « Cette année, ce champignon a été d’une virulence particulière et s’est attaqué à l’ensemble des exploitations.

Les pertes se chiffrent à plusieurs dizaines de milliers de palettes », regrette Peter Bentata. Sur les pistes de solutions, il parle d’innovations technologiques à mettre sur pied, tout en privilégiant l’excellence dans la production, mais aussi une bonne organisation en synergie.

La filière banane salue cependant l’appui de l’Union européenne (UE), qui a permis à l’ensemble des exploitants de résoudre certains besoins sociaux mais surtout, d’acquérir des groupes électrogènes. « Ces infrastructures adressent un problème vital, celui de l’irrigation qui dépend à 100% de l’électricité. Lorsqu’on dépend uniquement d’Eneo, parfois on est déçu.

On a souvent enregistré deux mois sans irrigation et les pertes qui s’en suivent sont inimaginables », regrette Franklin Ngoni Njie, DG de la CDC. Selon lui, les producteurs de banane au Cameroun doivent toujours veiller à ce que les coûts de production baissent pour s’en sortir.

Car la filière est en compétition avec la banane sud-américaine dont la production est moins coûteuse, en raison du taux de change favorable et des exploitations plus vastes. L’on se réjouit par ailleurs de la signature de l’APE avec l’UE, laquelle a déjà permis d’économiser 34 milliards de F de droit de douanes à la filière.

Partagez cet article :

0 0 0 0
Loading...

Autres articles que vous aimerez lire...

0 commentaire(s)

Laissez un commentaire

Vous devez être connecté pour commenter