Créer un environnement favorable

24 heures
Grégoire DJARMAILA | 14-12-2017 06:09

Regard

Pour mieux comprendre les difficultés actuelles de la filière, il faut un peu remonter dans le bon vieux temps. A sa création en 1965, la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam), fruit de la coopération entre l’État camerounais, la Banque allemande de développement et le groupe textile français DMC, était présentée comme le parangon de la politique d’industrialisation du Cameroun.

Il s’agissait en fait d’assurer une transformation et une commercialisation locale du coton produit au Cameroun. Répartie sur trois sites (un à Garoua et deux à Douala), l’activité de la Cicam s’est montrée très intégrée avec à la clé, la production d’une large gamme de produits textiles distribués dans les marchés même les plus reculés du pays, la création de nombreux emplois et l’exportation des produits finis du coton vers l’Europe, le Nigeria et les pays de la sous-région. 

Avec son statut de complexe textile le plus important de la région, elle a pu résister aux crises économiques des années 1980. Cette période de gloire a duré 20 ans. A partir de 1985, la filière textile camerounaise, portée par cette entreprise, a commencé à péricliter à cause des chocs externes notamment la dévaluation de la monnaie nigériane, le Naira, et l’invasion du marché local par des produits contrefaits et ceux issus de la contrebande.

Malgré des mesures de restructuration industrielle et de redéploiement commercial, prises dès 1989, le relèvement de la filière s’est avéré comme une tâche herculéenne.

Pour sortir véritablement la filière de sa léthargie actuelle, il faut songer à assurer la protection de l’embryon industriel local existant. La principale mesure de sauvegarde de ce secteur consiste à mener une croisade acharnée contre la contrefaçon des produits locaux et contre ceux issus de la contrebande.

L’Etat qui a déjà investi plus de 5 milliards dans le rééquipement de la Cicam doit aller au bout de cette politique de relance en créant un environnement favorable. Il y a lieu par exemple d’inciter les opérateurs privés à intégrer la filière. En mettant en place une politique fiscale favorable. Les banques et les institutions financières doivent être associées à cette politique, pour accompagner ce plan de relance.

Il faut surtout mettre l’accent sur la formation des jeunes qui constituent la principale ressource de production de cette filière qui rime avec l’innovation. 

Quant à la Cicam, elle  doit faire son aggiornamento, en s’arrimant au nouvel environnement marqué par une concurrence féroce basée sur la production des produits de haute facture. Elle doit activement s’investir dans une stratégie de reconquête du marché, axée sur une politique de marketing adaptée aux besoins de la clientèle, en se montrant créative et inventive.

Par exemple, l’entreprise ne devrait plus se  limiter à la production des pagnes évènementiels, mais des produits haut de gamme à même de rivaliser avec ceux venant de l’extérieur.
 

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