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« Il faut de vrais professionnels »

24 heures
Josy MAUGER | 14-12-2017 07:38

L'explication

Blaz Design, Styliste modéliste.

Quelles sont, selon vous, les difficultés auxquelles les acteurs de la filière textile camerounaise sont confrontés ?

Le véritable problème est que la filière reste au niveau artisanal, pas d’évolution notable. Pour passer à la phase industrielle, il faut toute une organisation. L’Etat doit accompagner les acteurs. Il faut également que les professionnels de la filière se perfectionnent, tout en aimant ce qu’ils font pour pouvoir se développer et bâtir une entreprise. La manne ne va pas tomber du ciel et tout ne se fait pas comme par un coup de baguette magique. Moi j’ai eu l’amour de ce que je fais et j’ai bâti des entreprises. Il faut trouver des acteurs qui ont l’amour de ce qu’ils font. Que les décideurs sachent comment accompagner les professionnels qui sont là depuis et non chercher de nouveaux acteurs qui n’ont pas un parcours.

L’Etat vient quand-même de débloquer plus de 5 milliards de F pour la relance de la filière au niveau national, donc il y a des efforts qui sont faits…?

C’est bien beau, l’Etat qui finance la relance à la Cicam, mais est-ce que ces subventions permettent vraiment le développement de la filière ? Quelles sont les missions qui ont été assignées à l’entreprise?  Même si cet argent a servi à l’achat des équipements, il faut de nombreuses années pour les amortir. Lorsqu’on investit dans ce domaine, il faut également détenir un fonds de roulement.

Que proposez-vous donc ?

Il faut déjà définir les missions, avoir de l’expertise et monter une stratégie. Il faut que l’Etat ait des modèles, utilise ces professionnels. Il faut produire un tissu que les Camerounais vont apprécier et acheter. Si les Camerounais le  consomment alors l’entreprise fera un chiffre d’affaires intéressant et la filière restera debout. Il faut des leaders qui ont réussi, à qui on peut confier la filière, il faut identifier les gens à qui assigner les missions. Même si le coton est disponible, il faudra encore que la Sodecoton l’envoie ailleurs afin qu’il soit bien travaillé et transformé. Il faut qu’il y ait un agencement des choses, c'est-à-dire que les gens qui ont de l’expertise puissent produire un bon pagne et pas les filtrés qu’on nous propose.

 

 

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