Photographie; représentations du présent

Culture
Monica NKODO | 19-12-2017 12:50

Un collectif d’artistes a récemment questionné le temps avec une expo de clichés à Yaoundé.

C’est quoi le présent ? Comment le mesurer quand la seconde, la minute qui suit fait de celle d’avant le passé ? L’événement intitulé « YaPhoto 2017 : Picturing the present » du 27 novembre au 2 décembre dernier, a consacré au laboratoire OTHNI à Yaoundé, une expo au… temps.

Temps présent, temps qui passe. Photographes et vidéastes le regardent derrière leur appareil et dévoilent le résultat sous la supervision de Christine Eyene, organisatrice du YaPhoto, curatrice, directrice artistique de la 4e biennale internationale de Casablanca au Maroc. Romuald Dikoumé, Blaise Djilo, Anne Fontaine, Wilfried Nakeu, Yvon Ngassam, Adrienne Surprenant et Sarah Tchouatcha, choisissent chacun son couloir.

Tirés d’une « légère » recherche anthropologique menée par Romuald Dikoume, deux clichés présentant des femmes à la peau noire recouverte de terre humide parlent d’« Afro reconstruction ». Le photographe dit s’être rendu compte qu’à une époque, les peuples africains s’identifiaient à travers la coloration de leur peau.

Et au présent, quel constat ? « L’Afrique semble victime de sa modernité au point que les femmes veuillent se dépigmenter sans cesse la peau », remarque Romuald Dikoume. Dans « Ablution », Sarah Tchouatcha vient « avec la ferme volonté de prendre la photographie et de flirter avec des notions propres à la nature », dit-elle.

Dans une série de photos, elle met en scène sur plusieurs séquences une bouilloire en plastique. Les images de ce récipient utilisé en général par les musulmans pour les ablutions avant la prière sont prises avec un objectif de 50 millimètres.

L’artiste crée des flous contrôlés et volontaires avec du mouvement. « Je trouve intéressant de travailler avec cet objet qui ici symbolise le rythme, la vie. Je voulais fabriquer des images avec des allures d’aquarelles », explique Sarah Tchouatcha. Les autres pans de l’expo sont tout aussi rythmés. Comme celui de la Réunionnaise Anne Fontaine qui capture puis imprime sur du tissu des scènes de soulèvement dans une rue, pour donner une impression de motif.

Une partie des tirages de cette expo-photo est à retrouver sur le site Internet de Yaoundé Photo Network (YaPhoto). En plus de l’exposition, d’autres articulations ont animé le « Ya- Photo 2017 : Picturing the present ». Notamment une conférence-débat au musée La Blackitude, sur l’évolution de la photographie au Cameroun.

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