Cameroon-Tribune

« Ce sont les détaillants qui font de la spéculation »

24 heures
Michèle FOGANG | 11-01-2018 14:25

L'explication

Valery Ntendie, coordonnateur national du Syndicat national des exploitants des débits de boisson du Cameroun.

Qu’est-ce qui justifie la hausse actuelle des prix de certaines boissons dans les points de vente ?

« Les Brasseries du Cameroun ont réorganisé le système de distribution de leurs produits. De manière concrète, elles ont changé le mode de distribution. Celle-ci donne désormais la possibilité à toutes les catégories de la société de pouvoir acheter les produits par leur lien. Ce qui veut dire par leur propre moyen de distribution car, avant c’était sélectif. Il fallait avoir un numéro client aux brasseries pour avoir l’avantage d’être servi. Or, aujourd’hui, les acteurs formels ont la latitude d’en acheter. La spéculation qu’on observe actuellement vient du fait que ceux qui étaient dans l’informel bénéficiaient des services peu orthodoxes. Il y avait une catégorie de grossistes qui vendaient à perte. Ce qui leur laissait une marge de 100 à 200 F sur le casier à l’achat. Ceci dit, on achetait régulièrement le casier à 6600 F. Or les grossistes le vendaient à 6400 F. Avec la nouvelle donne des brasseries, il n’y a plus moyen de faire une telle pratique.

Comment faisaient les tenanciers des bars pour garder leurs marges bénéficiaires ?

Dans l’activité du bar, le bénéfice est lié aux charges. Donc, si j’achète un casier à 6400 F je le revends à 7200 F, j’ai une marge de 800 F et si je vends 10 casiers j’ai une marge de 8000 F par jour et mes charges sont assises sur ce bénéfice. Et désormais, on me dit que je dois acheter à 6600 F comme prévu par la loi. Il y a 2000 F que je perds en termes de bénéfice et il faut bien le trouver quelque part, d’où ces majorations qui prospèrent à travers la ville. Mais au niveau des brasseries les prix sont inchangés. Il s’agit d’en finir avec cette pratique malsaine des grossistes. Ce sont les détaillants qui font la spéculation.

Comment comptez-vous gérer cette situation ?

Au niveau de notre syndicat, nous allons faire un rappel à l’ordre car le pouvoir d’achat étant faible, il ne faut pas qu’on mette une charge supplémentaire sur le consommateur final. Nous allons organiser une campagne de sensibilisation au cours de laquelle nous allons accompagner les brasseries du Cameroun dans la mise en oeuvre de cette nouvelle réforme. Nous allons aussi encourager les exploitants à se formaliser afin de bénéficier des avantages relatifs à ce secteur comme les ristournes (réduction des prix des casiers. Ndlr).

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