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Pratiques saisonnières, raisons fallacieuses

24 heures
Grégoire DJARMAILA | 11-01-2018 14:25

Le contexte

En début de chaque exercice budgétaire, les spéculations à des fins de renchérissement sont monnaie courante dans le secteur des boissons alcoolisées et gazeuses.

Le fait n’est pas nouveau même s’il reste répréhensible. Il en est des boissons alcoolisées et gazeuses comme des autres produits de consommation courante. En début de chaque exercice budgétaire, plusieurs exploitants des débits de boissons se livrent à des pratiques spéculatives pour maximiser leurs gains.

Dans la plupart des cas, les tenanciers de bars et ventes à emporter se fondent parfois sur de simples rumeurs faisant état d’une prétendue augmentation de l’impôt sur les boissons dans le cadre de la nouvelle loi de finances. Pourtant il n’en est rien.

Il y a trois ans, de pareilles pratiques commerciales étaient observées sur l’ensemble du territoire national. La réforme des droits d’ascise contenue dans la loi de finances de 2015) avait donné lieu à une poussée inflationniste sur les prix des boissons alcoolisées et gazeuses.

L’augmentation des prix dont les modalités étaient pourtant déclinées dans un arrêt conjoint du ministre des Finances et du ministre du Commerce ne concernait, à l’époque, que les bières. Dans ce texte, il n’était mentionné nulle part que les boissons hygiéniques à l’exemple des jus étaient visées.

Or, sur le terrain, les gérants des débits de boissons n’en faisaient qu’à leur tête. Les spéculations à des fins de renchérissement sont donc monnaie courante dans ce secteur. Or, cette année, aussi bien dans la loi de finances 2018 que dans la récente circulaire du Minfi portant instructions relatives à l’exécution des lois de finances, au suivi et au contrôle de l’exécution du budget de l’État pour l’Exercice 2018, aucune mention n’est faite d’une quelconque hausse des droits d’ascise sur les boissons alcoolisées et gazeuses.

Et même si c’était le cas comme en 2015, la fixation des nouveaux prix de ces produits de grande consommation obéit à une procédure qui intervient après une concertation entre le gouvernement, les opérateurs du secteur des boissons, les syndicats des exploitants des débits des boissons et les organisations et associations des droits des consommateurs. Il est question pour l’Etat de préserver à la fois le pouvoir d’achat des consommateurs et les intérêts des entreprises brassicoles.

Toute hausse en dehors de ce cadre est donc illégale. Le phénomène qui est observé en ce moment à Yaoundé et certainement dans plusieurs autres localités du pays mérite une attention particulière. Il faut comprendre que l’entreprise brassicole dont les produits sont concernés ne traite plus désormais qu’avec des exploitants dont le dossier fiscal est à jour.

La conséquence qui découle de ce nouveau système de distribution est que les tenanciers qui fonctionnaient jusqu’ici dans l’informel ne bénéficieront plus des ristournes qui leur étaient versées tous les six mois. La plupart des spéculateurs se recrutent certainement dans cette catégorie dans le but de compenser ce manque à gagner que va leur causer le non-paiement de ces bonus.

Mais ils doivent savoir que les prix de ces produits font l’objet d’une homologation. Ils ne sauraient être modifiés de manière unilatérale.

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