Cameroon-Tribune

Une action à encourager

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 16-01-2018 13:09

Regard

Ce n’est pas pour rien que dans l’agenda 2018 du Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM), figurent en bonne place, le renforcement de l’industrie locale et la poursuite de la lutte contre le commerce illicite.

Car l’importation et la vente des marchandises en violation de la loi et de la réglementation en vigueur au Cameroun ont des conséquences fâcheuses au niveau du Trésor public, du secteur productif, des emplois et même de la santé des consommateurs.

C’est ainsi que l’Etat perd d’importantes recettes douanières lorsque des huiles végétales non conformes, profitant de la porosité des frontières entre autres causes, se retrouvent sur le marché comme c’est le cas en ce moment. En ce qui concerne les entreprises locales du secteur des huiles végétales, elles subissent actuellement une concurrence déloyale imposée par ces produits qui font diminuer leurs parts de marché.

Car le déversement de ces huiles sur les espaces marchands entraîne la mévente de celles qui sont produites par des entreprises citoyennes qui voient ainsi baisser leur chiffre d’affaires et leurs bénéfices. Ce qui entraîne des tensions de trésorerie et menace les emplois des compatriotes en activité dans ces unités de production locales.

Au final, le secteur productif national est fragilisé alors que d’importants investissements ont été réalisés. Faut-il rappeler à ce sujet que les industriels de la filière nationale des oléagineux ont investi près de 600 milliards de F ces dernières années pour plus de 65 000 postes de travail créés ?

Doit-on laisser sans protection ce maillon significatif de l’économie nationale ? Doit-on par ailleurs mettre en danger la santé des consommateurs en laissant vendre des huiles non enrichies à la vitamine A ? Mille fois non.

C’est pour cette raison qu’il faut encourager l’opération lancée par la direction générale des douanes qui prescrit aux unités opérationnelles (plates-formes portuaires, aéroportuaires et frontalières terrestres) une vigilance de tous les instants en même temps qu’il leur est demandé de rechercher et de saisir tout stock d’huile végétale non conforme à la réglementation en vigueur, puis, d’exiger avant tout dédouanement un certificat de conformité délivré par l’Agence des normes et de la qualité.

A n’en point douter, il s’agit pour l’administration douanière de relever un double défi : celui de la protection de l’espace économique national et de la mobilisation optimale des recettes douanières dans un contexte économique difficile. En ce début d’année, l’heure est à la poursuivre de la Phase 2 de l’opération Halte au commerce illicite, en abrégé « Opération HALCOMI ».

Les différentes équipes de cette opération doivent, à la demande du directeur général des douanes, Fongod Edwin Nuvaga, maintenir un haut niveau de surveillance par un maillage complet et systématique du territoire national à la recherche des marchandises sensibles d’origine douteuse, telles que les alcools, les produits cosmétiques, les boissons alcoolisées ou non, les ciments, les produits ferreux, les cigarettes, le sucre, les textiles, les lubrifiants, les véhicules de luxe, les produits pétroliers, les huiles végétales, etc.

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