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« La filière avicole est relancée »

24 heures
Eric Vincent FOMO | 24-01-2018 11:59

 L'explication

Blaise Kamdoum, Vice-président de l’Interprofession avicole du Cameroun.

Quel est l’impact de la levée des mesures de lutte contre la grippe aviaire sur la filière avicole ?

La mesure du gouverneur de l’Ouest est une bouffée d’oxygène que toute la profession attendait pour relancer l’activité. Elle tombe à pic parce que, depuis l’interdiction de la circulation des produits avicoles et leurs dérivés, la filière avait sombré. Les réunions que nous avions avec les partenaires financiers se concluaient sur une seule résolution : il faut que les mesures soient levées pour réfléchir sur quoi que ce soit. Par conséquent, la levée des mesures de lutte marque la relance de la filière avicole. La preuve : alors que cette mesure a été prise il y a seulement quelques jours, certains banquiers ont déjà appelé des éleveurs pour qu’ils réfléchissent ensemble sur la nouvelle procédure de travail. C’est un signal fort. De même, avec la levée des mesures, les parentaux vont être mis en place, et rapidement, les poussins qui étaient devenus rares vont réapparaître.

Quelles sont les mesures à prendre pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus ?

On ne peut pas penser que la maladie ne viendra plus jamais, parce que dans les modes de contamination, la maladie peut venir d’ailleurs pour arriver chez nous. On ne peut pas empêcher les oiseaux migrateurs de voler jusqu’à chez nous avec le virus. Je pense qu’il faut renforcer la biosécurité, travailler de façon professionnelle, à telle enseigne qu’au cas où la maladie arrive, on la gère mieux par rapport aux cas antérieurs. Donc, en fonction de tout ce qu’on a subi, il faut renforcer les barrières sécuritaires, sanitaires, améliorer la construction des fermes et les autres mesures de biosécurité.

Que doivent faire les pouvoirs publics pour assurer la bonne santé de la filière ?

A l’Interprofession, nous attendons des pouvoirs publics qu’ils nous accompagnent dans la structuration de la filière avicole. Aujourd’hui, chacun est libre d’installer sa ferme où il veut. Pourtant techniquement, il y a une distance qui doit être respectée entre les exploitations. Si une ferme se trouve au moins à 500 mètres d’une autre, en cas de contamination, on a assez de temps et de marge de manœuvre pour pouvoir contrôler la situation. Mais si les fermes sont visibles tous les 20 mètres, il n’y a aucune autre stratégie à mettre sur pied en cas de crise. L’Interprofession aimerait donc que les pouvoirs publics s’impliquent beaucoup dans le renforcement et la structuration de la filière.

Quid des pertes enregistrées par les acteurs de la filière ?

En ce qui concerne les pertes enregistrées par les acteurs de la filière, les appuis sont incontournables. C’est vrai qu’il y a des projets que l’Etat est en train de mettre sur pied, mais ces projets ont été planifiés bien avant que la grippe aviaire n’apparaisse. Donc ce ne sont pas des projets orientés pour forcement résoudre le problème de la grippe aviaire. Aujourd’hui, il serait important, sur la base des fichiers des aviculteurs connus, que l’Etat trouve comment il pourrait les aider à relancer leur activité.

 

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