« Ce combat interpelle tout le monde »

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Fred VUBEM TOH | 25-01-2018 09:36

 Joseph Bertrand Mach, Préfet du Wouri, président de la Plateforme de lutte contre le désordre urbain.

Concrètement, de quoi se rendent coupables les auteurs du désordre urbain ?

Le désordre urbain, c’est l’ensemble des violations des réglementations en matière d’urbanisme ou de transport, en matière d’utilisation des biens publics. Ça devient désordre quand les autorités peinent à amener les citoyens au respect des règles de vie en société. A Douala, le désordre urbain a plusieurs facettes. Dont l’irrespect des modes d’utilisation des équipements marchands. On vend sur la voie publique et les espaces verts. On crée des activités marchandes là où le plan directeur de la ville ne l’a pas permis. Il y a aussi l’irrespect du Code de la route par des usagers, motos-taxis ou automobiles. Il y a le fait de se soulager ou de verser des ordures  là où ce n’est pas prévu.

Comment endiguer ce fléau à Douala ?

Le dispositif de lutte contre le désordre urbain dans la ville appelle en premier l’action des municipalités et les autorités administratives qui sont chargées d’accompagner, au moyen des forces de l’ordre, l’action des municipalités. Cette lutte interpelle tous les citoyens. Le désordre urbain est la conséquence de l’irrespect des lois et règlements en matière d’urbanisme. Lorsque vous construisez sans permis, vous violez la loi. Lorsque vous conduisez un engin sans papiers, c’est du désordre urbain. Lorsque vous pratiquez de la surcharge et violez les sens de circulation, vous êtes dans le désordre urbain…

Quid des nuisances sonores ?

Elles sont évidemment interdites dans les lieux communs. En ce qui concerne les nuisances sonores, sous-préfets et magistrats municipaux doivent en permanence lutter à les réduire à la portion congrue. Nous pratiquons sans faiblesse la fermeture des débits de boisson chaque fois que des citoyens nous interpellent à raison. Je relève que nombre de ces établissements fonctionnent sans titre. La croissance démographique et l’expansion de l’occupation du territoire à Douala appellent beaucoup d’ingéniosité de notre part. Les citoyens doivent contribuer à faire barrage contre tout désordre urbain. C’est une affaire de retour au civisme, à la citoyenneté, au patriotisme. Je dis donc aux citoyens de Douala que la lutte contre le désordre urbain c’est n’est pas seulement l’affaire du préfet, du sous-préfet ou du maire. C’est un combat qui concerne populations et pouvoirs publics. C’est ce mariage qui va rendre l’action efficace.

Menez-vous aussi des actions de sensibilisation ?

Il y a beaucoup de sensibilisation à travers les chefs traditionnels, chefs de quartier, chefs de bloc, autorités administratives et magistrats municipaux. La mairie de Douala 2e organise des concours du plus beau quartier, ce qui est une incitation à la lutte contre le désordre urbain. D’autres municipalités le font aussi. L’action est davantage sensibilisatrice. Mais certaines habitudes ont la peau dure. Chaque fois qu’il y a une dose de contraintes, les gens pensent qu’on vient les embarrasser. C’est n’est pas le cas. Le vivre ensemble c’est aussi cela. La contribution à un environnement sain, une société dans laquelle chacun peut circuler librement.

 

 

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