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Trafic de drogue: les circuits de Kribi

Politique
Pierre Rostand ESSOMBA | 25-01-2018 06:25

Les plus grands consommateurs de la cité balnéaire se recrutent en milieu scolaire.

Rodrigue, Georges et Samuel ne pouvaient jamais imaginer que ce vendredi 19 janvier 2018 serait un mauvais jour pour eux. Les trois garçons, élèves dans un collège de la ville de Kribi, ont été interpellés par les éléments de la compagnie de gendarmerie au moment où ils se dopaient tranquillement dans les buissons non loin de leur établissement.

Ils avaient acheté un litre de vin de palme dans lequel ils ont introduit du tramadol plus connu sous le nom de tramol, ce comprimé utilisé pour calmer les douleurs. Quelques semaines auparavant, c’est une fille de 22 ans qui est passée aux aveux au commissariat central de Kribi.

Dans son récit, la jeune dame a révélé qu’elle consomme du cannabis depuis l’âge de 17 ans. Dans les buvettes de la ville, un jeune homme, 26 ans à peine, se balade à moitié nu. Ses amis et connaissances témoignent qu’il ne se passe plus du chanvre indien.

Ce n’est donc plus un secret pour personne. La drogue circule dans la cité balnéaire. Et les plus grands consommateurs se recrutent en milieu scolaire. C’est vrai que les moto-taximen et les pêcheurs n’en sont pas éloignés.

De jour comme de nuit, le cannabis, chanvre indien ou banga,  tramol et autres stupéfiants se vendent dans des zones dont seuls les disciples de cette « religion » maîtrisent les noms de codes.

On vous parlera de Colombie, Jamaïque, Mexique ou Sicile. Il faut donc être bien introduit pour comprendre que le « Colombien », le « Jamaïcain » ou le « Mexicain » sont des consommateurs pendant que le « sicilien » en est le livreur. Un nouveau groupe vient de s’installer dans la ville. Eux, ce sont les « djandjawids ».

Il s’agit  des moto-taximen. D’après ces jeunes gens, le dopage permet de maintenir la forme le plus longtemps possible. « Je travaille toute la nuit. Parfois, je conduis pendant trois jours non-stop. Je suis alors obligé de prendre un peu de fortifiant », fait savoir un conducteur de moto.

Dans ce monde de dopés, chacun justifie sa présence. Si pour les élèves, la raison principale est la curiosité, pour les pêcheurs, il faut du courage pour affronter l’océan atlantique. « La mer est un autre monde. Il faut avoir une autre force pour s’y aventurer », déclare un pêcheur qui avoue que ce n’est que quand il est en pleine mer qu’il fume calmement son chanvre indien. Pour lui, il ne gêne personne et il est loin de toute interpellation policière.

Très loin dans l’océan, bien avancé dans la forêt ou encore dans sa chambre, les consommateurs des stupéfiants sont tout à côté de la mort même s’ils croient échapper aux représailles de la loi. Le préfet du département de l’Océan, Antoine Bissaga, n’ignore pourtant rien de leurs faits et gestes.

Il continue de sensibiliser ces jeunes gens sur la nécessité d’abandonner les drogues. Ce fut encore le cas mercredi dernier lors d’une réunion préparatoire à la célébration de la 52e édition de la fête de la jeunesse. Après la sensibilisation suivra la répression.

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