Cameroon-Tribune

Une évolution irréversible

Economie
Rousseau-Joël FOUTE | 26-01-2018 10:10

Baromètre

Lentement peut-être mais sûrement, le projet de construction de 14 postes de péage automatiques sur certaines routes bitumées du réseau routier national  avance vers sa mise en œuvre effective sur le terrain. Les responsables concernés par cette opération semblent se hâter lentement, puisque tout est parti d’une résolution de la 9e session du Conseil national de la Route prise depuis décembre 2009, après le constat que tous les postes de péage au Cameroun sont rudimentaires.

Ici, en effet, toutes les tâches se font  à la main : vente des tickets, ouverture et fermeture de la voie par la manipulation d’une espèce de herse rotative. Ce qui ralentit la circulation automobile, crée des retards ainsi qu’un environnement favorable au détournement des recettes issues du péage.

Car il faut le dire, la manipulation des tickets et des fonds par les agents préposés à cette tâche les soumet à la tentation. Et ils sont nombreux à céder chaque jour. Les pertes pour les caisses de l’Etat sont énormes, évaluées par diverses enquêtes en termes de milliards de francs depuis 1998, année de l’instauration du péage routier sur nos routes.

Depuis deux ans environ, on note une certaine accélération du processus d’automatisation. Si bien qu’aujourd’hui, cinq groupements d'entreprises devant accompagner le gouvernement pour le financement, la conception, la construction, l'équipement, l'exploitation et la maintenance de ces infrastructures ont déjà été sélectionnés parmi 14 soumissionnaires.

Un choix qui fait suite à l'appel public à manifestation d'intérêt lancé le 15 juin 2016 par le ministère des Travaux publics. Ces entreprises vont déposer leurs offres pour examen par la Commission ad hoc mise sur pied à cet effet.

 Après l'analyse des offres, selon une source proche du dossier, trois candidats seront sélectionnés et leurs dossiers seront minutieusement examinés, avec l'appui du Conseil d'appui à la réalisation des contrats de partenariat, car le projet s’inscrit dans le cadre du Partenariat public-privé.

Un dialogue de pré-qualification suivra ainsi que l'analyse des offres finales à soumettre par ces candidats. Sur la base des rapports y relatifs, l'adjudicataire provisoire sera désigné et invité à négocier les termes du contrat.

Le projet d’automatisation des 14 postes de péage  répond avant tout à un besoin de modernisation de cette activité, puis, d’optimisation de la collecte des droits, à travers l’instauration cette année du paiement par voie électronique.

Le Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang, l’a annoncé en présentant le 28 novembre dernier le Programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour 2018.  C’est l’une des  mesures spécifiques à mettre en œuvre pour accroître la mobilisation des recettes devant alimenter le budget de l’Etat.

Il s’agit, par ailleurs, d’une évolution qui apparaît d’autant plus irréversible que l’Etat, dans la conjoncture actuelle marquée par la rareté des ressources financières, ne saurait laisser prospérer encore longtemps des réseaux mafieux de distraction de précieux fonds. C’est donc à la fois une exigence de bonne gouvernance et un impératif catégorique.
 

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