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« Il faut passer à la phase répressive »

Politique
Benjamin MVOMO ESSOUMA | 29-01-2018 10:13

Akondi Elvis Mbahangwen, Sous préfet d’Ebolowa 1er.

Quelle est la situation du phénomène de vente et de consommation des drogues dans votre unité de commandement ?

A Ebolowa 1er, la situation est critique. Les effets de la drogue sont surtout ressentis dans les milieux de conducteurs motos-taxis et dans les établissements scolaires et universitaires. Depuis un certain temps, on a constaté que la plupart des accidents de la circulation causés par les motos-taxis l’ont été sous l’effet de la drogue, « tramol » surtout. Dans les établissements scolaires et universitaires, l’on a constaté que certains jeunes entrainent leurs amis et camarades dans la consommation et l’écoulement des drogues.
Mais après analyse, le problème de la drogue, pour le cas d’Ebolowa 1er se situe à trois niveaux : d’abord au niveau des familles où certains enfants ne sont pas bien suivis ; ensuite au niveau des quartiers, où l’on retrouve un milieu propice à l’écoulement de la « marchandise » puis la livraison en gros. Et, enfin au sein de certains établissements scolaires et universitaires. Pour ce cas nous relevons tout de même, que certains responsables ne sont pas assez avertis, pour détecter les élèves qui mèneraient cette activité dans leur établissement.

Est-ce qu’il y a des couloirs d’écoulement connus dans la ville ?

A Ebolowa 1er , on a détecté un  grand livreur de chanvre indien, au quartier Angounou, au centre ville. J’ai eu le renseignement, nous nous sommes mobilisés avec les éléments de la brigade de gendarmerie et le lieu a été identifié. Le grossiste a été surpris chez-lui à 2h du matin. L’opération nous a permis de mettre la main sur plus de 30 kilogrammes de cannabis, déjà préparés en filon. Ces filons devaient être livrés à Memve’ele dans la Vallée-du-Ntem, à Kyé Ossi, à Ebolowa et même à Sangmelima. C’était un des plus grands dealers de la place. Aujourd’hui il a été condamné. Il a purgé sa peine, mais il n’est plus visible dans la ville. Il y a d’autres poches à Nko’ovos, New-Bell et Ebolowa. Ces dealers se ravitaillent très souvent à Douala et à Yaoundé. Le problème qui se pose, est au niveau des villages où les populations ne collaborent pas beaucoup avec les autorités, pour dénoncer les producteurs de chanvre indien. Car dans certains villages ont trouve des champs entiers de cannabis. A cet effet, je souhaite que soient fournis aux points de contrôle mixte, des équipements adaptés pour la détection  des drogues. Car les plus grandes quantités de chanvre indien, tramol et autres qui sont consommés et vendus à Ebolowa viennent de Yaoundé et de Douala.

Quelles sont les mesures prises par l’autorité administrative pour y réduire ou atténuer ce phénomène à Ebolowa ?

Nous avons pris sur nous de sensibiliser les parents, les proviseurs et autres encadreurs des enfants, sur ce phénomène néfaste qui prend de l’ampleur. En même temps, nous travaillons avec le syndicat des mototaxis. Cela nous a permis d’arriver à certaines conclusions. Dans les établissements scolaires, le phénomène est en train de  s’amplifier, il faut passer à la phase répressive. A   l’heure actuelle, lorsqu’un élève est surpris en flagrant délit, avec de la drogue, le conseil de discipline de l’établissement siège et l’auteur est envoyé auprès des instances judiciaires pour approfondissement de l’enquête. Question de montrer à ceux qui veulent poursuivre cette activité au sein de l’établissement, que ce n’est pas bien. Cette mesure est en train de porter, parce qu’au lycée bilingue, on a, au premier trimestre, plus de huit élèves coupables de consommation ou d’écoulement des drogues, qui ont été exclus. Sept d’entre eux ont finalement été déférés devant le procureur de la République. Certains se sont retrouvés à la maison d’arrêt d’Ebolowa.
Nous avons conscience que la prison pour eux n’est pas une solution. C’est pourquoi, nous souhaitons, la construction d’un centre de récupération et de rééducation pour tous ces jeunes, dans la ville d’Ebolowa.
 

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