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«Tout cela peut déstabiliser les militants »

Politique
MESSI BALA | 29-01-2018 10:16

 Pr. Mathias Eric Owona Nguini, Maître de conférences, FSJP, université de Yaoundé II-Soa.

Depuis le début de l'année, on observe des tensions au sein de certaines formations politiques et regroupements de partis. Est-ce qu’on peut limiter l’explication de ces désaccords aux tractations préélectorales?

Ces dissensions qui s’expriment dans les partis CPP, UFP, UNDP ou dans certains regroupements de partis ont leur origine bien avant la conjoncture préélectorale actuelle. Elles découlent de ce que dans toute formation politique, il existe des divergences sur la conduite du parti et de ses différentes activités. Des divergences qui peuvent être idéologiques, qui peuvent aussi tenir à l’orientation du programme. Elles peuvent également simplement relever des calculs politiques contradictoires entre les membres d’un même parti politique. Bien entendu, ces divergences prennent un sens plus visible dans la conjoncture préélectorale actuelle. On voit ainsi des avis divergents sur la position à tenir dans la perspective des échéances électorales à venir.

Dans les cas précis du CPP et de l’UFP, ces divergences de vue pourraient empêcher ceux qui sont connus jusque-là comme leaders de ces partis de prétendre se présenter à une élection présidentielle s’ils n’ont pas d’élus locaux. Est-il possible d’assister par-là à la disparition de ces acteurs politiques ?

Non. Si par acteur on entend par-là formations politiques, elles ne disparaîtront pas. Ce qu’il faut dire c’est que la crise semble un peu plus profonde dans le Cameroon People’s Party (CPP) parce que l’on est en train de disqualifier la présidente, Edith Kah Walla. Pour ce qui concerne l'Union pour la fraternité et la prospérité (UFP), ce n’est pas la légitimité de son dirigeant actuel qui est en question. Mais plutôt le positionnement quant à la coalition qu’offre Akere Muna à la laquelle Jacques Maboula a apporté son soutien. Et Olivier Bilé, le président du parti, refuse que ce soutien porte la marque de l’UFP.

Dans une telle atmosphère, n’y a-t-il pas de craintes que ces tensions déstabilisent les militants  de ces partis ou que le public n’affiche sa désaffection vis-à-vis de l’opposition?

Bien entendu, quand les formations politiques expriment publiquement des divergences qui existent dans leur sein, et quand ces divergences semblent profondes, cela a un effet sur la crédibilité des structures concernées.  C’est particulièrement le cas lorsqu’il s’agit de gérer les conséquences d’une plateforme d’alliance comme pour l’UNDP où le groupe représentatif du PAL estimait que la plateforme n’était pas respectée. Monsieur Bedzigui dit avoir repris sa liberté. Pour ce qui concerne une fois de plus la querelle au sein de l’UFP, c’est que manifestement M. Maboula a agi de manière individuelle. Et que la direction du parti, incarnée par le président Olivier Bilé, ne se reconnaît pas dans cette initiative. Tout cela n’est pas bon et peut en effet déstabiliser les militants et sympathisants.

 

 

 

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