Il faut y aller à fond

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 30-01-2018 00:33

Regard

L’économie camerounaise est la plus diversifiée de la zone CEMAC. C’est pourquoi elle a été la plus résiliente ces dernières années face au double choc extérieur constitué de la chute des revenus pétroliers et de l’augmentation des dépenses de sécurité. On observe une légère remontée des cours du baril depuis un certain temps mais il est fort  improbable, d’après les analystes, que ces prix rebondissent pour atteindre les niveaux observés avant 2014.

Il est donc crucial d’élargir l’assiette des recettes non pétrolières. Par conséquent, le défi majeur à relever aujourd’hui est le suivant : comment réaliser une croissance forte, durable, et améliorer la vie de tous les Camerounais, après le grave ralentissement économique qui a fait passer le taux de croissance de 4,7% en 2016 à 3,7% en 2017 ?

Le travail à faire doit s’inscrire résolument dans la poursuite des efforts de diversification des sources de croissance afin de multiplier les moteurs de l’activité économique. De sorte que, si chemin faisant l’un des moteurs ralentit ou tombe en panne, la poussée ne baisse pas, pour emprunter une image proche de l’aéronautique. Pour y parvenir, il faut développer les nombreuses niches de croissance qui existent.

C’est le cas de l’activité touristique, un secteur à très fort potentiel mais qui reste sous-exploité au Cameroun, alors que sa capacité à capter les devises n’est plus à démontrer.

Il faut également développer à fond le secteur agricole et minier, en augmentant les quantités brutes produites, parallèlement à la transformation accrue de ces matières premières du sol et du sous-sol. A titre d’illustration, le Cameroun pourrait gagner des sommes colossales en devenant un important pourvoyeur du Nigeria voisin en denrées alimentaires. C’est un vaste marché qui va bientôt avoisiner les 200 millions de bouches à nourrir.

Si les Camerounais  se montrent  plus ingénieux, ils peuvent se tailler une part importante de ce grand gâteau. L’augmentation de la production des industries manufacturières et agroalimentaires permettra de faire croître la part de la matière imposable et taxable. Ce faisant, les recettes fiscales non pétrolières verront leur assiette automatiquement élargie.

Bref, il faut un climat des affaires moins contraignant pour que le secteur privé joue son rôle de principal créateur de richesses et d’emplois. C’est la condition sine qua non pour une diversification plus poussée de l’économie.

Dans cette perspective, il faut davantage  renforcer le tissu industriel en vue d’améliorer la contribution des industries à la croissance. La mise en œuvre réussie du plan directeur d’industrialisation marquera de ce point de vue un tournant décisif vers le succès du nouveau paradigme.
 

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