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Violences dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest: les instigateurs face à la loi

Politique
Jean Francis BELIBI | 31-01-2018 15:25

Après de nombreuses défiances vis-à-vis de l’Etat, les présumés meneurs des actes terroristes dans ces deux régions sont aujourd’hui devant la Justice.

«Je pense que les choses sont désormais parf a i t e m e n t claires pour tout le monde : le Cameroun est victime des attaques à répétition de bandes de terroristes se réclamant d’un mouvement sécessionniste ».

Lorsque le président de la République, Paul Biya, fait cette déclaration à sa descente d’avion à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen le 30 novembre 2017, ils sont sans doute nombreux, dans les rangs des auteurs des actes de violences que l’on enregistre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis plus d’un an, qui ne mesurent pas la portée de cette sortie inhabituelle du chef de l’Etat.

Alors qu’il revient d’Abidjan où il a pris part au 5e Sommet Union africaine – Union européenne, c’est le visage fermé que le président Paul Biya arpente le tapis rouge qui le mène vers le pavillon présidentiel. Il est encore sans doute choqué par la mort violente de six éléments des forces de défense et de sécurité quelques jours plus tôt dans la région du Sud-Ouest.

Il ne fait d’ailleurs pas l’économie de son vocabulaire pour désigner ces « bandes de terroristes » qui font régner la peur et l’insécurité dans ces deux régions : près de 150 collèges, centres de santé et écoles sont incendiés.

Quelques 200 jeunes filles sont violées dans les écoles et les villages, une quarantaine d’élèves et étudiants, dont le seul crime est d’avoir voulu jouir d’un droit élémentaire, celui à l’éducation, sont violentés sur le chemin de l’école.

Les édifices publics et privés ne sont pas en reste. Ainsi, l’on enregistre huit commissariats de police et sept brigades de gendarmerie qui sont attaqués, alors que des commerces vont en fumée, l’économie est mise à mal avec des mots d’ordre de « villes mortes ». Il n’est pas jusqu’aux symboles de l’Etat qui ne soient profanés.

Tout est parti de légitimes revendications corporatistes enregistrées dès le mois d’octobre 2016. On assiste très vite à une récupération politique de ces réclamations, avec des relents sécessionnistes. Leurs instigateurs ne se cachent d’ailleurs plus, eux qui déclarent ouvertement leur volonté de mener le Cameroun à la sécession. Ils franchissent d’ailleurs un nouveau palier avec des attaques en règle contre des éléments des forces de défense et de sécurité.

Une vingtaine de ceux-ci sont assassinés en l’espace de quelques semaines, parfois dans des conditions atroces. Le gouvernement, sur instructions du président de la République, n’a pourtant pas hésité, dès le début de la crise, à apporter des solutions aux revendications soulevées par les enseignants et les avocats.

Bien plus, dans un souci d’apaisement, le président Paul Biya a par ailleurs ordonné le 30 août 2017, l’arrêt des poursuites contre certaines personnes interpellées dans le cadre des violences que l’on enregistre dans ces deux régions, selon des prérogatives qui lui sont reconnues par les lois de la République. Les inspirateurs des violences enregistrées eux semblent pourtant avoir un agenda bien caché : c’est la proclamation d’une pseudo république le 1er octobre 2017.

Echec de leur part qui ne va pourtant pas refroidir leurs ardeurs. Face à ce qui s’apparente simplement à une mise à mal de l’autorité de l’Etat, on peut donc comprendre le président de la République lorsqu’il déclare le 30 novembre 2017 à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen :

« Face à ces actes d’agression, je tiens à rassurer le peuple camerounais que toutes les dispositions sont prises pour mettre hors d’état de nuire ces criminels et faire en sorte que la paix et la sécurité soient sauvegardées sur toute l’étendue du territoire national… ».

Dans sa posture de garant de l’unité et de l’intégrité territoriale du Cameroun, que lui confèrent les dispositions de l’article 5, alinéa 2 de la Constitution, Paul Biya entend désormais veiller à rétablir l’ordre et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national.

Lors d’une réunion de sécurité qu’il préside en son cabinet, au lendemain de cette sortie du chef de l’Etat, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, se veut clair : « Ce qui compte maintenant, ce ne sont pas des déclarations, mais l’action ».

Le 5 janvier 2018, Sisiku Ayuk Tabe, président auto proclamé de cette pseudo république, et certains de ses comparses sont interpellés en territoire nigérian. Grâce à l’excellente coopération bilatérale qui existe entre le Nigeria et le Cameroun, notamment dans le domaine sécuritaire, comme l’a rappelé le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, dans sa déclaration à la presse lundi dernier, ces derniers sont désormais appelés à répondre de « leurs crimes » devant la justice camerounaise .

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