«Nous avons instauré un système de fouille systématique»

Politique
Joël MAMAN | 01-02-2018 09:55

 Simanga Youmanigué, Directeur du CES de Ouro-Zangui à l’Extrême-Nord

La consommation de la drogue en milieu scolaire est elle inquiétante dans l’Extrême-Nord?

C’est vrai. Ce sujet défraie la chronique. Il faut constater que tous ces stupéfiants se vendent aujourd’hui comme des bouts de pain. Comment voulez que leur consommation n’augmente pas, surtout chez les plus jeunes qui sont assez vulnérables? Mais je tiens à préciser que cette situation n’est pas la même chose partout. Autant elle est grave en milieu urbain, autant elle est rare dans les écoles de périphérie ou en zone rurale. Ayant exercé dans plusieurs établissements secondaires dans la région de l’Extrême-Nord, j’ai eu à constater que dans les campagnes les élèves sont plus disciplinés à ce sujet par ce qu’il est plus facile de les contrôler vu leur nombre et l’environnement sociétal qui ne les expose pas trop dans ce sens. Par contre, dans les lycées où les élèves se comptent en milliers, la situation est un peu difficile à contrôler c’est pourquoi les statistiques des élèves accros à ces stupéfiants sont inquiétants.

Mais ils s’approvisionnent pourtant devant vous les enseignants…

Le circuit d’approvisionnement est bien connu. Ils se ravitaillent  au marché noir. A l’établissement, les élèves jouent tout simplement avec l’attention de leurs enseignants et encadreurs. Les dealers qui sont entre autres les vendeurs ambulants de médicaments de la rue et les moto-taximen sillonnent le long des clôtures des établissements, surtout celles qui sont mal construites pour atteindre les points de livraison qui sont les toilettes, les stades, voire les cantines parce qu’il y en a parmi eux qui parfois s’habillent en tenues de classe, juste parce qu’ils veulent tromper la vigilance des surveillants. Il faut donc plus de vigilance.

Alors comment y remédier ?

Nous avons instauré un système de fouille systématique, des poches, des sacs voire des trousses des élèves pour vérifier si rien de mauvais n’a été infiltré. Cette pratique joue un rôle dissuasif et décourage les mauvaises intentions. Autre solution, il faut que, non seulement l’Etat prenne des mesures régaliennes et réglemente la vente des produits pharmaceutiques,  mais aussi il faut que tous les produits se vendent dans les pharmacies. Il faut également que les parents jouent pleinement leur rôle d’éducateur. Le nôtre en tant qu’enseignant est de distiller le savoir-faire, le savoir-vivre, le savoir être et éduquer. Il faut bien noter qu’à ce sujet si le problème n’est pas résolu en amont nous n’aurons pas de solution définitive. Par ce que nous nous enseignants, en fin de compte, sommes des victimes et non des responsables de cette situation désastreuse.

 

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