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« Par expérience, c’est l’action la plus efficace»

Societe
Marie Christine NGONO | 02-02-2018 11:18

Georges Mahou Ngimbous:,Chef du service environnement et hygiène à la Communauté urbaine de Yaoundé.

L’activité de l’unité baptisée « Awara » par les populations et qui confisque des marchandises et autres objets dans les marchés de la ville est-elle légale ?

Dans les missions régaliennes du délégué du gouvernement ou du  maire,   en dehors de celles qui concernent l’aménagement des voies d’accès, c'est-à-dire, assurer l’éclairage public, la sécurité, etc, il y a la lutte contre le désordre urbain. Qui dit lutter contre le désordre urbain, dit lutter contre tout ce qui peut dégrader le cadre de vie. D’où le bras séculier qui est la police municipale. Dans le cadre des pouvoirs régaliens, il y a le pouvoir de la police municipale. Le délégué du gouvernement ou le maire exerce ce pouvoir sur deux volets : la dissuasion, c’est-à-dire qu’il faut sensibiliser en prévenant ceux qui sont dans l’illégalité. Il y a aussi l’action coercitive qui consiste à réprimander. Par expérience, c’est l’action la plus efficace. L’activité de police municipale est une prérogative essentielle du gestionnaire de la ville. Parce que quand on parle de décentralisation, l’Etat central ne vient pas gérer. Ce travail rentre en droite ligne de la protection de la voie publique. Lorsque celle-ci est transformée en l’espace qui n’est pas compatible, il faut bien que quelqu’un puisse s’en occuper.
 

Comment vous assurez-vous que tout ce qui est confisqué arrive effectivement à la Communauté urbaine ?

La chance que nous avons est que notre police municipale est composée des  éléments de la police nationale. Le délégué régional à la Sûreté a affecté un contingent de 20 éléments,  et à la tête de ce contingent depuis quelques mois, il y a un commissaire de police. Cette police a pour mission de recadrer les éléments en civil. Il faut que la réglementation soit respectée. Généralement, c’est cette police-là qui commande les troupes. Dans chacune d’elles, il y a fréquemment un officier ou un inspecteur de police, qui oriente les actions. C’est lui qui décident des objets ou denrées alimentaires qui vont aller dans les centres, contre une décharge. Ce qui doit être gardé au magasin est gardé et pour le retrait, le propriétaire rentre en possession de son dû moyennant une somme proportionnelle à la marchandise confisquée et aussi à l’endroit où elle a été saisie.

Qu’en est-il des marchandises et objets qui ne sont pas rétrocédés à leurs propriétaires ?

On les envoie dans les centres sociaux. C'est-à-dire la prison centrale, les orphelinats et autres. Au lieu de les détruire, on les donne plutôt à des nécessiteux. D’autres ne viennent pas récupérer parce qu’ils estiment que ça coûte trop cher ou alors ont peur de se faire identifier. Car, nous devons nous assurer que vous êtes véritablement le propriétaire de la marchandise. Mais quand on prend les objets plus encombrants comme les meubles, les motos, les véhicules, si vous ne venez pas récupérer au terme d’un délai réglementaire de 90 jours, il y a la réforme administrative qui est déclenchée, le processus pour la vente aux enchères.
 

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