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Lutte contre le désordre urbain dans la capitale:« Awara » est dans la place

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Assiatou NGAPOUT M. | 02-02-2018 11:19

 A Yaoundé, les agents de la Communauté urbaine sillonnent les marchés, confisquant tout ce qui déborde sur la voie publique.

 

Installé le long de la chaussée du marché Mvog-Mbi à Yaoundé sur la voie qui mène vers Mvog-Atangana Mbala, Ulrich, 20 ans à peine, écoule des oranges entreposées dans une brouette de fortune. Juste à côté, plusieurs autres vendeurs exposent leurs marchandises à même le sol. Greffes, chaussures, vêtements, légumes, fruits, etc. y sont proposés aux clients. Ici, l’activité semble porter ses fruits dans l’incivisme le plus total, réduisant ainsi de manière drastique, la largeur de la chaussée. Ceci jusqu’à ce que les agents de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) communément appelés « Awara » entrent en scène.
Tous vêtus de noir, fortement musclés pour la plupart, ils sont une dizaine à être transportés dans des camionnettes. A leur arrivée, le signal d’alerte est lancé par les commerçants rusés : « Awara ! »  « Awara ! ». Et c’est la débandade. Commence alors la course poursuite entre les « Awaras » et les vendeurs. Dans cette chasse, certaines marchandises sont éparpillées sur le sol tandis que d’autres sont arrachées à leurs propriétaires. Les plus avertis de ces commerçants essaient tant bien que mal de sécuriser leurs produits dans les hangars ou les magasins les plus proches. D’autres, impuissants, voient les leurs emportées dans les engins de la CUY. Dans cette « bataille », ils sont nombreux à ne plus retrouver leurs marchandises. C’est le cas de Jean Marie K. qui n’a pas pu sauver sa brouette de viande, payant une fois de plus le prix de son entêtement. Pour la deuxième fois consécutive, ce vendeur vient de perdre sa marchandise. Tout comme sa voisine d’ailleurs, vendeuse de tomates.
Impuissants face à ces « gros bras », les commerçants profèrent des injures et des malédictions. « Je vous maudis ! Vous allez mourir avec un gros ventre ! », lance une vendeuse avec rage. En quelques minutes plus tard, toutes les camionnettes sont pleines à craquer et les agents de la CUY s’en vont, laissant derrière eux des remords chez les vendeurs. « Si j’avais su ! Je serais rentré à l’intérieur du marché vendre mes articles. En voulant trop gagner on finit toujours par perdre », relève un marchand. Ces regrets ne valent que pour lui, et encore ! D’autres vendeurs ambulants ayant réussi à sauver leurs marchandises reviennent tranquillement s’installer sur la voie publique. Ici, comme dans tous les espaces commerciaux de Yaoundé, le manège semble aussi vieux que le monde. Une véritable guerre d’usure.

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