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Paludisme: un médicament mis en quarantaine

Societe
Jeanine FANKAM | 05-02-2018 15:01

L’instruction du ministre de la Santé publique relative au Co-Aritane en comprimé est contenue dans un communiqué de presse publié vendredi dernier.

Y-a-t-il de la contrefaçon dans le Co-Arinate comprimé, adulte ou enfant ? Ce médicament est-il la cause du décès d’un enfant survenu au mois de janvier à Yaoundé ? Pour l’une et l’autre question, la réponse est non ! Un « non » catégorique de tous les pharmaciens que le reporter de Cameroun Tribune a approchés, des responsables de l’Ordre jusqu’aux simples membres. Le communiqué du ministre de la Santé publique semble écarter aussi ces soupçons. André Mama Fouda est clair que c’est par principe de précaution qu’il a instruit « la mise en quarantaine du Co-Arinate indexé dans un récent problème de santé publique… ».

« Le récent problème de santé publique » dont parle le ministre est une allusion au décès d’un enfant faisant partie des trois morts survenus dans une famille à Yaoundé entre le 8 et le 22 janvier dernier à la suite d’une fièvre hémorragique avec éruption cutanée.

Le bébé avait absorbé le Co-Arinate comprimé-enfant acheté dans une pharmacie de la place. Son décès quelque temps après est imputé à la prise de ce médicament par la famille qui soutiendrait que le médicament acheté en pharmacie était faux.

Elle aurait pour argument la présentation du conditionnement. Ce conditionnement présente l’image d’un insecte semblable au moustique. Or, il existe un autre conditionnement du même médicament qui n’a pas le dessin du moustique.

Seulement, les pharmaciens sont unanimes : ils reconnaissent l’existence des deux conditionnements, mais affirment que le produit dans l’un et l’autre cas est bon. Il se trouve seulement que le laboratoire qui fabrique le Co-Arinate comprimé, enfant et adulte a requis une modification de l’Autorisation de mise sur le marché de son produit en proposant un nouveau conditionnement par rapport à celui antérieurement homologué, explique Dr. Ampouam Christophe, vice-président de l’Ordre des pharmaciens.

Aucune publicité n’ayant accompagné ce changement, cela a dû semer la confusion, mais les pharmaciens sont unanimes que la composition reste identique dans les deux conditionnements. Ils réfutent énergiquement l’hypothèse que cela ait pu coûter la vie à l’enfant désigné, d’autant plus que deux autres membres de la famille, présentant les mêmes signes cliniques sont décédés alors qu’ils n’avaient pas pris Co-Arinate.

Un récent communiqué du Minsanté rapportait que des investigations en laboratoire ont déterminé qu’une forme sévère de la méningite est la cause de ces trois décès.  « Un médicament contre le paludisme ne peut pas tuer en 15 minutes. Dans cet intervalle de temps, le produit n’a pas encore eu le temps d’être résorbé et métabolisé », affirme le Dr. Albert-Didier Mbida, pharmacien. En attendant des investigations plus précises, le Minsanté a ordonné son retrait provisoire des comptoirs pharmaceutiques.

 

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