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«Nous avons détruit 7 hectares de plantations en 2017 »

Societe
Honoré FEUKOUO | 05-02-2018 06:35

 Colonel Ahmadou Baha, Commandant de la légion de gendarmerie de l’Ouest.

Quelle évaluation faites-vous de la culture et la consommation du cannabis à l’Ouest ?

Les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest sont reconnues, même à l’international, comme des foyers de culture, de trafic et de forte consommation du cannabis. Le Nord-Ouest voisin étant en plus une zone de sortie du pays, l’Ouest exploite cette trajectoire pour écouler ses drogues. La culture locale est donc répartie entre celle qui est consommée localement et celle commercialisée qui est écoulée partout en interne et dans les pays voisins, jusqu’au Soudan. Cette forte demande fait en sorte que nous constatons une production et un trafic denses du cannabis dans tous les départements. Dans leurs astuces, les cultivateurs valorisent, pour leur activité les zones montagneuses fertiles qui sont éloignées, accidentées et difficiles d’accès. D’autres dissimulent cette culture au milieu des cultures vivrières. Il faut donc une vigilance permanente pour dépister certains champs. En 2016, nous avons pu saisir et détruire environ trois tonnes et demie. Nous avons intensifié la lutte en 2017 pour pouvoir saisir six tonnes et demie. Les zones les plus criminogènes dans nos saisies sont respectivement le Noun avec 4 tonnes saisies et les Bamboutos avec plus de 1,5 tonne saisie. Dans ces deux départements, on a pu détruire des espaces de culture respectifs de 4 ha et 3 ha.


Quelles actions menez-vous au quotidien pour combattre ce phénomène ?

La gendarmerie en particulier et les forces de maintien de l’ordre en général, sur instructions de la hiérarchie, mènent une lutte acharnée contre la culture, la circulation, la commercialisation et la consommation du cannabis, devenu un vice pour toute la société, même au niveau des établissements scolaires. Il détruit nos enfants. Les Forces de maintien de l’ordre (FMO) surveillent même les établissements scolaires. Avec le flair du détective, nous repérons dans divers milieux les consommateurs où les dealers qui viennent corrompre jusqu’aux enfants. C’est ainsi qu’on remonte le circuit pour arriver aux producteurs. Malgré le fait que le cannabis se cultive, se consomme et se commercialise partout, des stratégies sont déployées pour maîtriser les principaux circuits.

Lesquelles ?

Par exemple l’acheminement de ces drogues s’effectue généralement de nuit. Le cannabis est enfoui dans les camions de vivres frais, des voitures de transport public où des véhicules appartenant aux particuliers. Par des fouilles systématiques, nous arrivons à en saisir une bonne partie. Il faut aussi féliciter le renseignement qui vient de la population. Nous sommes conscients que nous n’arrivons pas à saisir la plus grande quantité qui circule. Il faut qu’on puisse acquérir les moyens modernes pour lutter contre ce trafic. Des chiens détecteurs peuvent, par exemple, nous permettre de savoir de loin si dans un véhicule de transport de marchandises, il y a du cannabis, où lors des battues de routines, nous orienter vers les champs camouflés de cannabis.

Quel message à l’endroit des populations ?

En prenant conscience du fait que le cannabis est en train de détruire notre jeunesse et d’amplifier l’insécurité dans notre pays, chacun doit adhérer à cette lutte. Mieux informés des risques, ceux  qui, par mimétisme, cultivent le cannabis, en toute ignorance, ou par envie de perpétuer des traditions ou des cultures initiées par leurs parents, ainsi que les récidivistes qui l’exercent pour l’appât du gain, vont se raviser. Il y a des cultures plus utiles qui donnent les mêmes rendements en termes de bénéfices. Ceux qui pensent que cette culture est faite pour soigner, vont aussi se raviser. Et pour les cas des délinquants notoires, la population éduquée va intensifier le renseignement et c’est ainsi que les FMO vont détruire les réseaux de culture où qu’ils se trouvent, démanteler les réseaux de circulation, de consommation et même sauver les consommateurs de la dépendance à ces produits nocifs.

 

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