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Tribunal criminel spécial: le nouveau président aux commandes

Politique
Jean Francis BELIBI | 05-02-2018 05:53

 Dans une communication spéciale délivrée lors de la prise de fonction d’Emmanuel Ndjéré vendredi dernier, Laurent Esso a recommandé l’application de la loi avec rigueur et discernement.

183 dossiers transmis au Siège pour diligence par le Parquet général ; plus de 140 affaires instruites ; 125 arrêts rendus ; près de 5 milliards de F récoltés et reversés au Trésor public au titre de la restitution du corps du délit depuis le 15 octobre 2012, date de l’entrée en activité de cette juridiction...

Un bilan « simplement élogieux » et qui fait du Tribunal criminel spécial (TCS) « une juridiction très respectée ». Vendredi dernier, au cours de la communication spéciale qu’il a délivrée à l’occasion de la prise de fonction du nouveau président de cette juridiction, le ministre d’Etat, ministre de la Justice, garde des Sceaux a voulu saluer le travail abattu par la dernière-née des structures judiciaires de notre pays.

Un succès que Laurent Esso met à l’actif de l’équipe qu’a eu à conduire pendant cinq ans, le président sortant, Yap Abdou. En s’adressant aux nombreuses personnalités venues assister à l’entrée en fonction du nouveau président, au cours d’une cérémonie qui se déroulait à l’occasion d’une audience solennelle ayant pour cadre, la salle d’apparat de la Cour d’appel du Centre, Laurent Esso a simplement voulu indiquer à Emmanuel Ndjéré que la tâche qui l’attend est immense. Lui qui hérite d’une « juridiction organisée et parfaitement opérationnelle ».

Pour réussir dans sa nouvelle mission, ce magistrat hors hiérarchie 2e groupe devra s’appuyer sur une boussole à trois composantes : la loi portant création du TCS, telle que modifiée, le Code de procédure pénale et le Code pénal. « Servez-vous en avec rigueur et discernement » lui a notamment recommandé le garde des Sceaux.

Autre remarque de Laurent Esso au nouveau promu, le respect du secret dans la procédure pénale. Ceci dans le but de « sauvegarder la présomption d’innocence en mettant la personne poursuivie à l’abri de la calomnie et de la médisance ; le souci de protéger les témoins éventuels ; le souci de protéger l’opinion publique contre ceux qui seraient motivés par le goût du scandale et du sensationnel ».

Vendredi dernier, si la prescription du ministre d’Etat, ministre de la Justice s’adressait à tous les acteurs du système judiciaire, elle se voulait tout de même précise à l’endroit des médias.

« Les médias devraient préserver l’opinion publique de tout jugement hâtif susceptible de nuire à la sérénité de l’enquête puis de l’instruction » a-t-il martelé.

« La prolifération et la propagation des rumeurs et des fausses nouvelles sur des affaires en cours, continuent de prospérer et constituent une grave agression à l’encontre de la sérénité de la Justice » a-t-il regretté.

Une attitude qui, à son avis, a contribué à jeter en pâture de nombreux citoyens qui ont ainsi vu leur honneur bafoué. Laurent Esso s’est néanmoins voulu rassurant :

« Nous ne sommes pas contre la liberté d’expression, ni contre la liberté d’opinion. Nous les voulons riches et fécondes. Nous les souhaitons responsables, constructives et courtoises » a-t-il souligné. Car, « la Justice dans notre pays mérite d’être rendue dans la sérénité … et il est hors de question de mettre le juge sous pression ».
 

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