Cameroon-Tribune

Oumarou Ngamoundji: défenseur des avocats

Economie
Honoré FEUKOUO | 06-02-2018 05:42

 La manne que ce sexagénaire récolte dans la production et la commercialisation des avocats, a donné un souffle nouveau à sa vie.

«Anaheim », « Taylor », « Hickson » sont des noms donnés à certaines des 28 variétés d’avocats sortis des laboratoires de recherche de l’IRAD et valorisés dans les plantations. Il s’agit aussi des surnoms qu’Oumarou Ngamoundji donne à certains de ses multiples enfants, au bon souvenir de ses productions et de leur incidence sur sa vie.

A l’en croire, l’avocat est à la base de la relance de sa carrière. Cet agriculteur, membre de plusieurs groupes d’initiatives communes spécialisés dans la production du maïs, de la tomate, du riz et de l’avocat a une reconnaissance à l’égard de ce fruit.

Dans ses souvenirs d’enfance, la cueillette des avocats, est vite passée d’un sport qu’il exerçait avec ses copains quand il était gamin, à un moyen de rentrées financières qui ont permis au jeune adolescent qu’il est devenu entre-temps, de payer ses frais de scolarité.

C’est aussi avec le commerce de l’avocat, entre autres, qu’il constitue son capital d’affaires. C’est au Gabon qu’il fait valoir ses talents. La réussite n’est pas étincelante au bout du compte. Il retourne dans son Baïgom natal.

L’agriculture lui ouvre les bras. « J’avais constaté les besoins énormes pour nos produits, qui sont très demandés au Gabon ; Parmi eux, la culture de l’avocat m’a paru plus facile et c’est par là que je commence », clame t-il. Sans détruire les plants d’avocatiers « sauvages » mis en terre par ses parents, il se fait assister par les experts de l’Irad de Foumbot pour développer un verger de plus de six hectares d’avocats.

Au départ, il récolte lui-même ses fruits qu’il commercialise aux acheteurs potentiels qui se présentent. Avec le temps, il sait estimer le nombre de sacs produits par chaque pied d’avocatier. « Les acheteurs viennent maintenant et nous discutons par arbre. Ils me payent et grimpent eux-mêmes pour la récolte », relate le producteur.

Ses clients viennent en priorité du Gabon, du Nigéria et des grandes métropoles du Cameroun. Ne lui demandez surtout pas si cette activité nourrit son homme. « Sur un hectare, lorsqu’une centaine de pieds d’avocatiers vous permettent d’obtenir plus de 22 millions de F, il y a de quoi confirmer que l’agriculture paye », lance Oumarou Ngamoundji. Déjà plus de 20 ans qu’il comptabilise ses récoltes, avec le désir de faire mieux chaque année.
 

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