Pas seulement la conjoncture

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 06-02-2018 05:59

Regard

Si le taux d’exécution physique du budget d’investissement publique (BIP) est passé de 95,94% en 2016 à 91,95% en 2017, c’est qu’il y a eu des problèmes. En effet, alors qu’on espérait faire mieux, cette baisse s’inscrit dans un contexte particulier. Il y a bien sûr l’impact du Programme économique et financier triennal, conclu avec le FMI le 26 juin 2017.

En outre, on ne saurait fermer les yeux sur les conséquences que l’agitation en cours dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest a sur l’activité économique en général et la réalisation sur le terrain des projets du BIP. Ajoutons les difficultés identifiées en août dernier par les acteurs eux-mêmes, lors de la première évaluation de l’exécution du BIP 2017.

Il s’agit notamment de l’insuffisante exécution  des projets de construction des forages, la faible exécution des projets d’entretien routier, la persistance de quelques cas de projets mal exécutés et d’infrastructures présentant une dégradation très rapide, les projets inscrits dans le BIP alors qu’ils sont non conformes aux besoins exprimés par les communes dans leurs plans de développement communaux.

Par ailleurs, quand le directeur général de l’Economie et de la Programmation des investissements publics au MINEPAT révèle qu’il y a des administrations qui enregistrent un taux d’exécution du BIP de 0%, on peut se poser mille questions sur les raisons d’une telle contreperformance. Mais, la seule interrogation qui vaut la peine d’être posée est la suivante : ces administrations ont-elles également enregistré un taux d’exécution de 0% de leur budget de fonctionnement pendant la période sous revue ?

On peut en douter,  sans avoir mené la moindre enquête. Comment expliquer qu’une administration soit encline à épuiser les financements dédiés à son fonctionnement, comme l’achat des consommables informatiques, du carburant pour les véhicules, le paiement des frais de mission et autres, sans daigner mouiller le maillot en ce qui concerne les réalisations devant  servir l’intérêt général ? Sans être péremptoire, il y a là une attitude condamnable.

Car, faut-il le rappeler, le BIP est cette partie des ressources publiques que l’Etat prévoit chaque année dans son budget  pour la réalisation dans nos régions, des projets censés améliorer les conditions de vie des populations. C’est l’argent du  BIP qui finance la construction des forages au profit des populations rurales qui n’ont pas accès au réseau public de distribution d’eau potable de la CDE.

C’est encore cet argent qui finance les travaux d’entretien routier, la construction des salles de classe, des centres de santé, etc. Autant dire que tant que le BIP n’est pas exécuté de façon optimale, la qualité de vie des bénéficiaires va en pâtir et le pays aura du mal à se moderniser. Il faut par conséquent lever les obstacles qui plombent son exécution.

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