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Promotion de la tradition: les jeunes ont du talent

Societe
Jeanine FANKAM | 07-02-2018 15:10

La « Onzaine de la jeunesse » est pour eux l’occasion rêvée d’étaler leur savoir-faire culturel.

Ils forment un groupe de trois personnes, trois malvoyants décidés à s’imposer dans le milieu culturel du Cameroun et en dehors. Gaëtan Wilfrid Kana Kaze, Arouna Nsangou, Larelle Pamela Avomo sont les membres du groupe Blind SMS.

Leur art a déjà retenu l’attention de France-Volontaire et du Lycée Fustel de Coulanges. Ils écument les manifestations à l’instar de la « Onzaine de la Jeunesse » pour se mettre en vitrine. « Nous valorisons d’abord la tradition camerounaise, nous chantons en langues locales.

Et nos rythmes sont ceux de chez nous », exalte Kana Kaze. « Nos messages interpellent les jeunes à adhérer et à promouvoir les valeurs culturelles africaines. Notre ambition : vendre la culture camerounaise à l’international. Notre touche sera singulière », renchérit Arouna Nsangou, faisant allusion à leur handicap. Les deux garçons sont nés non-voyants. La fille, elle, a perdu la vue à l’âge de 9 ans.

Et sur la scène où nous les avons trouvés au « Village de la Jeunesse », ils n’ont cure du complexe qui peut découler de ce handicap. Ils ne sont pas arrivés à la musique par dépit. Kana Kaze est étudiant en master II à l’université de Yaoundé I, Nsangou et Avomo sont élèves en classe de première.

En milieu scolaire, plusieurs autres jeunes concilient l’école et la culture. Il n’y a qu’à les voir pendant la semaine culturelle de la jeunesse ou en d’autres occasions de divertissement scolaire comme la fin d’année, ou encore les manifestations relatives aux congés de Noel.

Au complexe scolaire bilingue Les Petits Sages, une représentation théâtrale offerte par les plus jeunes de la maternelle mettait en scène, en décembre dernier, une famille où les enfants se montrent émancipés. Mais les parents, drapés dans leurs costumes traditionnels se battaient pour interdire les pantalons et jupes « taille basse » à leurs enfants.

Dans un autre établissement, c’est le concours d’art culinaire des mets du terroir qui dévoile le talent caché des jeunes gens. Et que dire du folklore, ils s’y lancent avec entrain. Certains jeunes sortis tôt du circuit scolaire se sont reconvertis dans la sculpture, la vannerie, la broderie traditionnelle. Quelques-uns ont percé le secret de la pharmacopée traditionnelle.

Dans la couture, d’autres se sont spécialisés dans la mode ancestrale, ou réconcilient la tradition et le modernisme.

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