Cameroon-Tribune

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Mutilations génitales féminines: la tolérance zéro porte des fruits

Societe
Rabiyatou MANA | 07-02-2018 15:50

Dans différentes zones où la pratique ancestrale était ancrée, la campagne menée par le gouvernement change les comportements.

Les mutilations génitales féminines (MGF) semblent être de l’histoire ancienne au quartier Briqueterie à Yaoundé. Abritant une forte communauté musulmane et animiste, la zone, de même que les régions du Centre, de l’Est, l’Extrême- Nord et du Sud-Ouest, a été identifiée par le passé comme l’un des points d’ancrage de cette pratique dégradante dans le pays.

Hier, 6 février 2018, marqué dans les calendriers comme journée dédiée à la lutte contre le phénomène, une descente dans le quartier permet de relever des changements. Premier arrêt, une école coranique réservée exclusivement aux filles. Aucune élève ne manque à l’appel. Signe que personne ne souffre de maladie grave.

En particulier, pas des suites d’une excision : celles-ci maintiennent généralement les victimes souffrantes dans le secret des domiciles. « Nous avons pris le combat à bras le corps au sein de nos communautés dans ce quartier, mais aussi dans le reste de la ville de Yaoundé.

Nous ne nous contentons pas de sensibiliser les pères et les mères de famille. Nous parlons également aux enfants, les mettant en confiance, de telle sorte qu’elles puissent alerter toute personne étrangère à leur famille si jamais il se passait quelque chose », assure le maître coranique.

C’est ainsi qu’Amina, appelons-là ainsi pour besoin d’anonymat, se retrouve en froid avec ses parents pour les avoir dénoncés. « Je n’ai pas pu empêcher qu’ils m’excisent, mais mon courage a permis par la suite de sauver d’autres filles de cette abomination », affirme l’adolescente.

A force d’opérations de sensibilisation, de causeries éducatives, prêches dans les mosquées, les familles ont peu à peu pris conscience des dangers de cette pratique. Elles n’acceptent plus d’y exposer leurs filles.

Du coup, c’est la chasse permanente à tous les adeptes de cette tradition avilissante, à ses prêtres et docteurs. « On ne retrouve plus aucun Wanjam de l’excision ici à la Briqueterie, encore moins dans les autres quartiers de la ville », assure Alhaji Dan Ladi Oumarou Ayoubi, secrétaire permanent de l’Association culturelle islamique du Cameroun (ASIC) qui a fait de l’éradication de ce fléau son credo.

En 2009, lors de la 2e Journée mondiale de lutte contre les MGF, les statistiques du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille faisaient état de 20% de la population féminine touchée. En 2016, ce pourcentage était maintenu dans les zones de foyer, pour tomber à 1,4% sur l’ensemble du territoire national.

« Le combat qui reste à mener maintenant, c’est de convaincre les communautés étrangères vivant à la Briqueterie et refermées sur elles-mêmes d’abandonner cette pratique. Nous avons par exemple des familles nigériennes, tchadiennes qui vivent ici et fon unautés terie et d’abanavons iennes, et font cette chose à l’abri des regards chez elles ou pendant des séjours dans leur pays », explique Adjia Maimouna Azimi, actrice sociale de l’Union des femmes et jeunes filles de la Briqueterie.

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