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Tchad: climat social tendu

International
Sainclair MEZING | 09-02-2018 05:12

 Le pays est secoué par une vague de manifestations suite aux mesures d’austérité prises par le gouvernement pour faire face à la crise économique.

Le Tchad est confronté à des tensions sociales depuis plusieurs mois. Avec l’entrée en vigueur en août 2016 des seize mesures d’urgence d’austérité décidées par le gouvernement visant à faire face à une conjoncture économique difficile consécutive à la baisse des cours du pétrole en 2014, le pays fait face à une fronde sociale de grande ampleur.

Parmi les mesures prises, figurent la suppression de 50% des primes et des indemnités des agents de l’Etat, la coupe des salaires au mois de janvier et la suppression des 50% à tous les fonctionnaires des avancements sur salaires. Tout comme la nouvelle loi de finances a relevé le taux de l’Impôt sur les revenus des personnes physiques (IRPP) de 10 à 30%.

De source officielle, depuis la chute des cours de pétrole, le Trésor public ne dispose plus de ressources assez conséquentes pour supporter la masse salariale, alors que l’endettement est évalué à 800 milliards de F auprès des banques commerciales. En plus, suite à l’accord de facilité de crédits passé avec le Fonds monétaire international (FMI) en juin 2017, le pays doit assainir ses finances et renégocier sa dette à hauteur de 1,45 milliard de dollars avec le trader anglo-suisse Glencore.

Pour crier leur colère contre la vie chère et dénoncer les conditions de travail qui ne cessent de se dégrader, populations, organisations syndicales et formations politiques sont dans la rue. «Nous sommes entrés dans une situation de crise permanente», a déclaré Michel Barka, président de l'Union des syndicats du Tchad (UST).

La Confédération libre des travailleurs du Tchad (CLTT), pourtant réputée très proche du pouvoir, n’a pas résisté au mouvement. Elle est rentrée dans la danse en appelant ses membres à deux jours de grève lundi et mardi dernier. Les magistrats de leur côté ne décolèrent non plus. Ils observent «une grève sèche» sans service minimum sur l’ensemble du territoire tchadien. Pour faire face à cette situation, le président Idriss Déby Itno a accordé en urgence des remises de peines aux condamnés de droit commun.

De son côté, le gouvernement exhorte les grévistes à reprendre le service dans l’attente d’«un consensus rapide au sein du Comité technique» chargé du dialogue social. «Le gouvernement est soucieux et engagé résolument à relancer l'économie, à travers le règlement de la question de la dette intérieure, et à renforcer la position de nos banques et des fournisseurs comme moteurs de relance.

En attendant l'atteinte optimale de ces performances et au vu du niveau actuel de nos finances, le gouvernement n'a pas d'autre choix que de se résoudre à la réduction de toutes les indemnités, sans toucher aux salaires indiciaires», a déclaré Mahamat Moctar Ali, ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social.

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