Cameroon-Tribune

Il faut donner un sens au professionnalisme

24 heures
Simon Pierre ETOUNDI | 09-02-2018 05:49

Regard

Les clubs de l’élite du football camerounais (Elite one et Elite 2) reprennent du service ce week-end pour une nouvelle saison sportive. Le coup d’envoi de cette compétition arrive plusieurs mois après la date officielle préalablement annoncée par la Ligue de football professionnelle  qui a la charge de l’organisation des championnats d’élite.

Pour la énième fois, les multiples reports enregistrés du début des compétitions sont inhérents à l’insuffisance voire à l’absence de moyens financiers pour mener à bien les activités.

A chaque début de saison,  les clubs de l’élite ont du mal à se définir une feuille de route claire faute d’argent.  au niveau de la ligue ce n’est guère mieux.  La formule est consacrée : « on attend l’argent ». Mais de qui ? Question à plusieurs inconnues…

Toujours est-il que jusqu’ici les ressources de la Ligue de football professionnelle proviennent essentiellement de la subvention de l’Etat pour le payement des salaires des joueurs et le fonctionnement de la Ligue, de l’appui de la Fédération camerounaise de football et éventuellement des sports. Mais dans les faits les choses ne sont jamais simples.

Et c’est généralement sur le fil que les ressources sont mobilisées. Pourtant, rien de tel ne serait jamais arriver si les acteurs du football camerounais prenaient chacun en ce qui le concerne, ses responsabilités.

Depuis sa création en 2010, la ligue professionnelle se cherche toujours une identité et n’est pas encore parvenue à s’assurer des partenariats et des ressources pérennes pour mener ses activités.

Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé. A sa décharge, la qualité médiocre du spectacle-football au Cameroun et l’environnement économique morose n’ont pas encouragé d’éventuels investisseurs dans le football.

Il y a quelques années, même le coup de main de l’Etat qui a concédé aux entreprises qui investissent dans le sport  des facilités fiscales, n’a pas amélioré la situation.

Mais pour continuer d’entretenir le rêve et la passion que charrie le football, ce sont  principalement les clubs qui doivent se hisser à la hauteur des enjeux. Jusqu’ici, le professionnalisme dont il est question au Cameroun n’est qu’un abus de langage. Les principaux acteurs que sont les clubs semblent réfractaires à toute évolution.

Il y a que quelques années pourtant, comme legs de l’organisation de la première coupe du monde en Afrique (Afrique du sud 2010), la Fédération internationale de football association (FIFA) avait lancé le programme « Gagner en Afrique avec l’Afrique » qui consistait à donner au football continental les outils pour progresser en lui transférant des compétences lui permettant de se développer par lui-même.

Les clubs ont ainsi bénéficié d’un encadrement pour mieux se structurer et trouver les moyens de leur survie. Près de 10 ans après, peu de clubs disposent de ressources et d’une organisation susceptibles de leur permettre de boucler une saison entière sans souffrir.

Et c’est malheureusement dans cette atmosphère de précarité que se déroulent les compétitions nationales, avec des clubs qui sont pour la plupart pilotés à vue. La nouvelle saison va-t-elle apporter des changements ? Rien n’est moins sûr. Mais le changement urge.
 

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