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Groupe Bantous: des bancs à la danse

Culture
Rita DIBA | 16-02-2018 06:32

La troupe basée à Douala, formée d’étudiants, anciens et actuels, découvre les dures ficelles du métier.

Une date déterminante pour le groupe de danse Bantous, c’est bien l’année 2012. En effet, c’est cette année-là, lors de la 15e édition des Jeux universitaires à Buea, région du Sud-ouest, que les différents membres du groupe font connaissance.

Ils sont peut-être inscrits dans les universités et Instituts Privés d’Enseignement Supérieur (IPES) disséminées à travers le Cameroun, mais cela ne va pas les empêcher de penser à un projet commun. Monter une troupe de danse.

Cela sous l’impulsion de Roudolph Mengou, alors président du ballet universitaire de Douala. Un rêve qui va se concrétiser en 2015. Ils viendront de Soa, Dschang, Buea, etc. certains pour poursuivre leur cursus académique dans la cité économique, d’autres tout frais diplômés, et ils donneront vie au groupe de danses patrimoniales Bantous. Revisitant les trésors des quatre aires culturelles du Cameroun, en y associant des ingrédients du théâtre.

Un groupe de 17 personnes qui naît entre autres du désir d’échapper à l’exploitation dont les membres, notamment ceux du ballet universitaire de Douala, estiment être victimes de la part de leur établissement.

Des affranchis donc, qui découvrent toutes les difficultés du métier de danseur, comme l’explique Roudolph Mengou, responsable de la troupe : « Le premier obstacle est le regard dépréciateur que l’imagerie populaire a de la danse. On pense que nous sommes des êtres perdus et qui n’avaient rien de mieux à faire. » Résultat des courses, les Bantous ne sont pas souvent rémunérés à leur juste valeur.

« Il y a des gens qui payent une prestation à 100 000F, mais veulent absolument que nous soyons plus de 20. Pour le moment, on a le souci de se faire connaitre, de vendre la culture camerounaise, mais après, on nous limite à ça. Les gens ont l’impression que nous ne valons pas plus, même s’ils reconnaissent que nous faisons quelque chose de bien. On est mal payés », regrette le dirigeant.

Parmi les autres difficultés, il y a bien entendu le nerf de la guerre. Un manque de financements qui leur a fait manquer deux voyages importants. Le premier en 2016 au Bénin et l’autre pour l’Argentine en juin 2017.

N’empêche, les Bantous tournent comme ils peuvent. Dans des invitations à des évènements qui les emmènent dans les diverses régions du Cameroun, Ouest, Centre, Littoral… et même au-delà comme lors de la foire transfrontalière d’Afrique centrale.

Et surtout, les sociétaires du groupe ont espoir en un avenir meilleur. Déjà, ils essaient d’être professionnels en exploitant les différentes compétences acquises sur les bancs au sein de la troupe de danse.

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